mercredi 22 juin 2016

Mes Pénélopes de Carol Vanni et Véronique Decoster

Descriptif éditeur : 

Je m’appelle Pénélope. J’ai 8 ans. Je compte les arbres
le long de la route en voiture. C’est papa qui conduit.
Je les compte comme si je les coupais. Une scie dans les
yeux. Une scie silencieuse. La route est longue même en
regardant par la fenêtre. Je ne pose pas la question des
enfants en voiture, j’attends. J’abats les arbres.


Dans ce récit mosaïque, chaque Pénélope égrène un moment de vie. 
Elles disent je et déclinent leur âge. Elles sont femmes pour la
plupart, mais pas toujours, elles sont ce qui nous rattache à la vie :
les temps simples, les joies intenses, les peines, les doutes, les
changements de cap…
Ces moments, Carol Vanni nous les livre dans une langue issue
de son expérience de l’oralité et du mouvement. Le long polissement
de ce texte, induit par une attention particulière au temps et à
l’attente, offre une simplicité de façade qui touche au cœur.
Véronique Decoster lui répond en puisant dans une série comprenant
une centaine de peintures, intitulée intervalle, où elle rassemble
des images quotidiennes sorties de son album de famille ou de celui
de tout un chacun.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur ou sur Babelio


Ma critique : 

Mes Pénélopes est un petit livre tout à fait étonnant, ou en tout cas très différent de ce que j'ai l'habitude de lire.
On se situe entre un recueil de mini nouvelles, une grande nouvelle et de la poésie.
Des textes très courts, tous basés sur l'idée d'attente, se succèdent, entrecoupés de peintures en noir et blanc et à quelques reprise d'une sorte de fil de pensées ininterrompu de l'auteur.

Tous les petits textes sont sur le même format : On commence par "Je m'appelle Pénélope et j'ai x ans" suivi d'un instant d'immobilité saisi sur le vif. Si, si. Un toute petite tranche de vie, vu par la lucarne de la raison de l'attente et la pensée là tout de suite, à peine contextualisé par un âge. Les personnages - et les situations sont nombreux et variés, souvent surprenants. Les tons alternent, l'attente n'est pas forcément pesante, ne s'accompagne pas toujours d'impatience, est parfois heureuse et parfois dramatique. On rentre très vite dans la pensée du personnage, en quelques mots à peine, et ça c'est très fort. Bon, à de très rares occasions ça marche tout de même un peu moins bien, mais ça s'efface devant l'impression d'ensemble.

Les photo de peinture m'ont au début laissée froide. Bon, je ne suis clairement pas experte en art visuels du coup au premier abord elles m'ont parues assez quelconques, froides et figées. En progressant dans le récit (car, oui, il y a une sorte de récit) j'ai cependant trouvé qu'elles répondaient très bien au texte, accentuant l'ambiance d'immobilisme. Je ne suis malheureusement absolument pas capable de décrire leur style, mais on y voit des portraits ou des détails de personnes, principalement.
Les passages "autres" m'ont par contre nettement moins convaincue. Suites de mots/phrase sans majuscule, avec un sens qui m'a souvent échappé, alignement d'idées en vrac... J'ai eu l'impression que l'auteur laissé courir ses mots et ses pensées dans un flot ininterrompu. C'est peut-être un processus de création fructueux mais ça m'a semblé assez indigeste à lire. Ça tranche énormément avec le reste, et ça m'a un peu fait sortir de l'ambiance, pour moi le gros point fort de se livre. J'ai vu ça comme une façon pour l'auteur de se mettre en avant ce que j'ai trouvé désagréable. (Il y a par ailleurs d'autres mises en abîmes dans le livre que j'ai trouvé plus réussi - même si ce ne sont pas les meilleurs "chapitres"). Bon, ces passages restent assez anecdotiques pour ne pas vraiment gâcher mon plaisir.

Tout ça et je n'ai pas encore dit l'essentiel : j'ai dévoré ce livre ! Une fois commencé, j'ai été prise dedans avec fascination. Pas possible de décoller avant la fin. Je m'était dit que j'allais le commencer en attendant mon compagnon une quinzaine de minutes, et pas moyen de le lâcher avant la fin (bon, ok ça se lit en à peine plus d'une heure, en savourant), ou de le mettre de côté le temps de discuter de ce qu'on allait faire quand. J'ai été totalement absorbée par ce petit monde, par son ambiance et aussi je voulait savoir la suite. Car certaines choses se tissent, on découvrent plusieurs pans d'une même histoire peut-être, ou d'une réalités qui fait sens, ou de plusieurs. Je ne l'ai pas pris comme un livre à décortiquer, où il fallait absolument tout comprendre et recoller mais comme un livre qui m'a emporté, un peu malgré moi, et qui m'a fait faire un beau voyage, dans une bulle d'attente, mais surtout de patience et de sérénité, parfois au travers de personnages impatients.
Et pour sûr, ça va contribuer à élargir mes horizons littéraires.

Pour tout ça, un gros merci à Babelio et aux éditions esperluète pour cette belle découverte via l'opération Masse Critique.

Ma note : 4/5

Critique publiée sur Babelio

vendredi 27 mai 2016

Ne t'éloigne pas de Harlan Coban



Descriptif éditeur :

Aujourd’hui parfaite mère au foyer de banlieue, Megan cache un sombre passé de strip-teaseuse. Il y a 17 ans, elle n’a eu d’autre choix que de fuir, de peur d’être accusée du meurtre de l’homme qui la harcelait. Aujourd’hui sa jeunesse la rattrape. Son petit ami de l’époque, qu’elle a toujours cru coupable, vient d’être agressé. L’affaire est relancée...

Megan est une mère et une épouse modèle, qui cache une sulfureuse jeunesse – une vie excitante qu'elle a dû abandonner 17 ans auparavant. Ray est un paparazzi qui regrette son statut de photo-reporter et sa gloire d'antan, volatilisés à la suite d'un drame 17 ans auparavant. Broome est un commissaire obsédé par une vieille affaire : Stewart Greene, disparu à la sortie d'un club d'Atlantic City, 17 ans auparavant. Une nouvelle disparition – même lieu, mêmes circonstances – et quelques photos anonymes vont venir réveiller les crimes passés et révéler, derrière les blanches palissades, l'envers du rêve américain.

Sur le site de l'éditeur
Sur Babelio 

Ma critique :

 C'est la première fois que je lis un livre d'Harlan Coben, et j'ai choisi ce titre par pur hasard : j'avais oublié de prendre un livre pour aller prendre de métro, et je l'ai choppé à la va-vite sur le chemin.

C'est un roman facile à lire, plutôt prenant mais dont je n'étais pas non plus impatiente de reprendre la lecture ou d'avancer dans l'histoire (sauf vers la fin bien sur, ce n'est pas un thriller complètement raté !).

L'histoire vu de très loin est très classique : des disparitions en séries à un moment déterminé de l'année, des passés troubles sur lesquels on ne revient pas, des gens dangereux qui rodent. D'un peu plus près il présente un peu plus d'originalité, notamment sont personnage principal : une mère de famille respectable avec un passé de strip teaseuse qui n'est pas vu comme une expérience traumatisante. Sur le début de roman c'est ce que j'ai beaucoup aimé, pour une fois on voit ce genre de métier dépeint autrement que purement négativement et il présente même des femmes qui aime le sexe et la vie légère sans qu'elles soient pour autant folles ou traumatisées. Enfin !

Du coup la noirceur et le côté moche de ce monde est un peu mis sous le tapis rapidement mais refera surface dans le roman. Les fautes morales continuent cependant à se situer vers les abus et le manque de respect humain et pas sur le côté "la débauche c'est mal".

L'histoire se développe petit à petit mais j'ai trouvé qu'elle manquait un peu de souffle, d'intrications, de suspens ou de profondeur. Le rythme manque un peu par moment. Peut-être que le roman tire un peu un longueurs là où ce n'étaient pas nécessaire, du coup on se noie par moment dans les états d'âme de certains personnages, qui donne un côté lourd et répétitif qui dénote avec le genre.

Surement à cause de ces longueurs, j'avais deviné certains éléments avant la fin. Cependant il me manquait encore les révélations finales pour que tout colle.

Un petit thriller assez sympa, qui a le grand mérite de sortir un peu des carcans bien-pensant mais pas le page-turner haletant auquel je m'attendais.
 
Ma note : 3/5

Chronique d'une terre dévastée de Nick Brandt



Descriptif éditeur :


Dernier ouvrage d'une trilogie débutée en 2005, Chronique d'une terre dévastée achève le parcours de Nick Brandt sur les terres d'Afrique de l'Est. Photographiant au plus près les plus majestueux mammifères, le photographe restitue la beauté de la faune africaine.

Sur le site de l'éditeur
Sur Babelio



Ma critique :

C'est un livre de photos ayant pour but d'impliquer les gens - moralement et financièrement - à la préservation des espèce africaines menacées et des écosystème.

Le livre commence par une plutôt longue introduction du photographe qui raconte son parcours et le but de "Big Life Fundation", un organisme lutant contre le braconnage pour la préservation des écosystème. Il explique également quelques trucs technique sur ses photos (appareil et méthode utilisés).  J'ai trouvé par exemple intéressant et touchant - c'est bien le but - de l'entendre parler d'éléphants dont il avait croisé la route à plusieurs reprise sur divers année qui ont finalement été tués par des braconniers. Ce n'est pas désagréable à lire et ça sensibilise sans aucun doute, mais le ton ressemble beaucoup à celui d'un pamphlet appelant au don (c'est d'ailleurs plus ou moins ce que c'est). Bref, pas vraiment poétique mais sans aucun doute informateur et partisan.

Certaines photos se répondent façon hommage à quelque chose en train de disparaître, et c'est beau. D'autres ont le même grain nostalgique sans pour autant présenté quoi que ce soit de dramatique et sont très belles également. Le grand format est très agréable.

Les légendes sont relayée en fin d'ouvrage et on le parcours donc de manière purement émotionnel. Ça fonctionne sans aucun doute. Si par contre vous préférez les ouvrages plus documentaires permettant des réflexions avec du recul, ce n'est pas ça du tout.

Une belle hymne triste donc, qui nous fait entrevoir l'étendue du massacre.

mercredi 27 avril 2016

La légende de Momotaro de Paul Echegoyen et Margot Remy-Verdier


Descriptif éditeur :

Dans une rivière de la région d’Okayama, une vieille femme lavait son linge et ses draps.
Voilà qu’un matin, pourtant très ordinaire, portée par le courant farceur de la rivière, une pêche énorme, charnue, rose, douce, hors du commun, vient surgir entre ses deux mains.
Les deux moitiés se séparent enfin sur la table, révélant au lieu du noyau une chose incroyable : un minuscule petit garçon est assis là.
Il se redresse, les époux le regardent, sans voix.

Le livre sur le site de l'éditeur, où vous trouverez une video de présentation et les premières pages à feuilleter.

La fiche du livre sur Babelio

Ma critique :

Si j'avais déjà rapidement entendu parlé de la légende de Momotaro à travers divers mangas, je ne la connaissait pas encore. J'ai donc sauté sur l'occasion lors du dernier Masse Critique, surtout qu'en plus l'album avait l'air chouette. J'ai eu la joie d'être sélectionnée pour ce livre, merci beaucoup à Marmaille et Compagnie et à Babelio !

Il est effectivement très chouettes, avec de belles illustrations pleines pages au style marqué, une histoire qui repose sur des schéma classiques mais avec ses particularité et son ton qui met de bonne humeur.

L'histoire se décompose en trois partie : la naissance de Momotaro et sa vie tranquille avant qu'on lui donne pour mission d'aller vaincre les démons, le voyage jusqu'à l'île où il se trouve des compagnons, et la lutte contre les démons.

La première partie est plutôt longue, en tout cas plus que ce que l'on voit habituellement dans les albums de ce type. Momotaro y est présenté comme un personnage doux et honnête, muni d'une force exceptionnelle mais ne s'en servant que pour travailler sans peine. L'ambiance de petite vie sereine est bien posée, sans compétition ou jalousie. La partie voyage est la plus "classique" avec un schéma qui se répète trois fois et où les compagnons sont vite trouvés. La partie finale est très chouette, sur des tons inquiétants et héroïque, dynamique sans donner dans le "bing bam bang"et tout ne se resoud pas en une page (bon, ok, en trois ou quatre, mais ça ne donne pas l'impression d'une fin abrupte).

L'histoire est racontée en rimes, sur un ton sympathique et plutôt rigolo. C'est un peu moins grandiloquent que les albums pour les plus petits et j'ai trouvé ça très agréable. Des références à la culture spécifiquement japonaise y sont glissé (comme le type de gateaux que Momotaro emporte avec lui), avec un petit lexique pour nous expliquer tout ça. Le texte - pas si court pour un album - se trouve dans des coins des grandes et belles images.

Parce que oui, j'y viens enfin ! Le livre est magnifique ! Les décors fourmillent de détails, les couleurs sont vraiment belles et chaleureuses, les paysages sont sans aucun doute grandioses. Les personnages sont dessinés avec des traits plus simples, ce qui leur donne un côté doux et francs. Les sourires et les expressions des visages, souvent de profils, jouent beaucoup sur l'ambiance du début du récit. On retrouve certains traits que j'associe avec un style japonisant (mais je n'y connais pas grand chose), mais aussi franchement moderne et original.

Chaque paysage - que ce soit la rivière, l'herbe à raz du sol, les falaises, l'île terrifiante ou la forêt - est travailler avec beaucoup de soin et donne de suite une ambiance. On regarde vraiment l'image de toute part avant de juste s'en servir pour porter l'histoire. J'ai particulièrement aimé l'île aux monstres avec ses détails à trouver quand les personnages pas rassurés ont l'impression d'être observés, même si - il faut bien l'avouer - le principe est déjà vu, ça reste extrêmement bien réaliser.

En fin d'album on a même le droit de découvrir comment les illustrations ont été réalisées, avec les étapes successives de plusieurs planches.

Plus globalement, le travail d'édition et de mise en page est également très réussi. 

Tout à fait le genre d'album que les parents aimeront encore plus que les enfants, même si ceux-ci ne devraient pas être en reste devant la belle histoire, bien construite et bien portée. 


mercredi 13 avril 2016

Nippon de Nuno Bizarro Sentieiro et Paulo Soledade



Descriptif et avispersonnel :

Nippon est un gros jeu de gestion dans lequel les joueurs vont développer des usines de productions afin de pouvoir s'installer sur le territoire et y remporter des majorité.



Le système d'action est très original : il y a une poignée de cases d'actions sur lesquelles sont placées aléatoirement des meeples de couleur. A son tour, un joueur récupère un meeple pour faire une des actions correspondantes, ou alors il "consolide" : il remet tous ses meeples dans le sac et reçoit des revenus, en fonction de son état de développement, mais chaque couleur de meeple lui coutera. A cette occasion, il récupère un jeton bonus, permettant d'augmenter les points marqués en fin de partie sur un critère au choix mais qu'il faut choisir immédiatement. Ce système de meeples et revenus apporte une gestion des ressources à court terme à optimiser, tout en permettant une petite interaction indirecte sur les couleurs récupérée par les uns et les autres. De l'autre côté, la gestion de bonus permet une orientation sur le long terme dans la partie.


Les actions sont assez simple : progresser sur ses pistes de développement, produire dans les usines, s'implanter sur le territoire, construire de nouvelles usines, bonifier certaines régions pour si on y sera majoritaire, améliorer la production de nos usines, remplir des contrats de production... Tout coute cher, et on est sans arrêt en train de se demander s'il vaut mieux faire une action médiocre de suite ou se concentrer sur en faire une meilleure, plus tard, peut-être. En espérant tout de même réussir à s'implanter avant les décomptes intermédiaires et ne pas se faire piquer les usines qui nous intéresse. Le timing est très important, sur pleins de petits détails ou de gros points stratégiques. Il ne faut pas perdre de vue nos objectifs à moyen terme pour une optimisation plus locale, mais savoir tout de même profiter d'une bonne opportunité.



Le placement sur le plateau est bien tendu : on peut se placer sur les cases pour lesquelles on produit la bonne ressource, à condition que la place soit libre ou que l'on puisse virer l'adversaire présent en s'y installant avec une meilleur force, c'est à dire avec plus de ressources produites. Il faut donc bien surveiller ce que font les adversaire, surtout que la finalité est une majorité sur une région complète, on peut donc deviner leurs intérêts et nos risques, à plus ou moins long terme. Ca peut être assez agressif sans être chaotique. Une fois la valeur maximale atteinte pour une ressources, on devient indélogeable, mais c'est assez difficile à réaliser en début de partie et on est limité dans os forces à placer : on place effectivement des jetons numéroté, dans le nombre est très limité (un ou 2 exemplaire de chaque par joueur, avec des valeurs allant de 1 à 7).

À moins de 4 joueurs ce système fait un peu un flop : les règles ont été bricolés pour dire que l'on ne peut pas être trop nombreux dans une région, mais du coup les différents type de productions interagissent entre elles de manière bizarre, et rapidement on ne peut plus se placer avec les ressources les moins chères. Le système de majorité se rapproche un peu d'un concours à celui qui aura la plus grosse, et c'est dommage.


Globalement, j'ai eu un vrai gros coup de coeur pour se jeu, qui allie beaucoup d'éléments dont je suis fan :

- un savant mélange entre intérêts à court, moyen et long terme

- du timing à gérer de partout

- chaque choix et un renoncement

- une interaction indirecte potentiellement agressive mine de rien, même si elle se voit principalement sur les questions de majorité

- des bonus qui peuvent plus ou mins combotter sans non plus faire le café

-des interactions subtiles entre les différentes actions  avec un petit côté casse-tête sur comment boot-strapper (et donc, quelle action on accepte de faire de manière non optimale pour pouvoir enchainer les autres)


Et décidément, c'est un jeu qu'il faut jouer à 4.


Le côté gestion de la production d'usines et le type d'actions disponibles rappellent un peu les jeux de gestions d'il y a une dizaine d'années. Moi j'aime, mais j'ai vu des gens le bouder un peu pour ces raisons. C'est ultra tendu, mais pas facile d'accès.

vendredi 11 mars 2016

Dans les eaux profondes... de Sara Lövestam



Résumé éditeur : 
Malte, cinq ans, le sait bien, on le lui rappelle assez chez lui : les services sociaux viendront le chercher s'il évoque devant les maîtresses de la crèche l'apathie de sa mère, son haleine douceâtre, les bouteilles qui s'accumulent sous l'évier ; s'il dit un mot des insultes proférées par Ove, le compagnon de maman ; s'il évoque la violence quotidienne dont il est tour à tour témoin et victime. Lorsqu'il fait la connaissance de cet homme blond qui lui parle à travers la grille de la crèche, il voit en lui un ami. D'ailleurs Roger, gentiment, lui propose son aide pour garder un secret. Enfin quelqu'un qui lui accorde ce semblant d'attention que sa mère et le compagnon de celle-ci, sous l'effet de la colère ou de l'alcool, lui refusent. Puis Roger rencontre sa mère, se fait insistant, lui offre de garder Malte... Ce spectacle, le Témoin, depuis sa fenêtre donnant sur la crèche, l'observe d'un mauvais oeil. Quelque chose cloche derrière l'amabilité de cet homme, ses gestes trop appuyés. Poussé par des souvenirs douloureux, le Témoin décide de passer à l'action... Au fil de ce récit d'une grande audace, mêlant avec brio les perspectives, Sara Lövestam propose un voyage dans les pensées de Malte. Epousant son regard, restituant son interprétation personnelle de tout ce à quoi il est confronté, elle parvient à approcher de manière aussi saisissante qu'inédite un thème éminemment complexe, frôlant l'indicible. Une oeuvre subtile et magistrale qui confirme le talent de la jeune romancière suédoise.

Fiche du livre sur Babelio


Ma critique :

J'ai eu un vrai coup de coeur pour cet étrange polar !

C'est une histoire de pédophilie, ou plutôt de pédophile, sur un ton très réaliste.
On observe la situation se mettre en place en ayant rapidement de grands soupçons et des frissons, mais tout en étant pétris de doutes quand aux intentions de nombreux personnages assez louches.

Le jeune héros se retrouve balancé entre plusieurs personnes plus ou moin malfaisantes et plus ou moins bien intentionnée. On le voit évoluer dans la cours de récre, et j'y ai touvé l'enfance très bien décrite avec ses maladresse, ses codes très différents de ceux des adultes, ses amitié vaches et ses grands secrets de pacotilles mais sans oublier les pressions adultes, l'incompréhension du fonctionnement de certaines parties du monde des adultes et les tentatives d'agir comme on l'attend de nous. Un ton nettement plus réliste que dans beaucoup de fiction où l'enfance est vu par le seul spectre de la nostalgie attendrie.

Il en va de même pour le portrait dressé ici de la pédophilie : on est pas dans la caricature du grand monstre cruel. le pédophile y est une personne nettement plus réaliste, qui se nourrit d'illusions pour rendre acceptable sa perversion. C'est très bien fait et finalement même plus terrible. J'ai apprécié que certains de ces aspects nous soient dévoilés avant que l'on sache précisément de quel personnage apparemment inoffensif il provient, et j'ai vraiment douté, me demandant dans quel panneau ou préjugé j'allais tomber.

Le point de vue se fixe alternativement sur plusieurs personnages, créant pas mal de suspens. On s'attache vraiment à plusieurs d'entre eux malgré leur défauts et la situation dramatique (ou moins) dans laquelle ils se trouvent parfois nous déchire le coeur.

Les personnages mis en scènes sont presque tous franchement marginaux mais les travers de la caricature sont éviter. J'ai cru à chacun d'entre eux. le seul côté moins réaliste est de rassembler autant d'éléments intérressant en une même unité de temps et de lieux. le style par contre et clairement celui d'un roman à suspens, on veut constamment savoir ce qu'il va se passer, qui est telle personne, ce qu'il s'est passé à un moment qui ne nous a pas encore été montré...

Pour le côté choquant, rien de sexuel n'apparait explicitement mais on a des extrait potentiellement assez dérangeant d'échanges pédophile, sur la fascination pour le corps d'enfants. J'ai aimé que les côté horrible ne soient pas tout à fait décrits, que l'on les devine un peu comme des ombres effrayantes, sans les sursauts de surprise.

C'est bien écrit, ça se lit facilement avec un rythme bien maitrisé. Si les phrases et le vocabulaire sont simple, le style est loin d'être plat et uniforme, comme c'est parfois le cas dans certains polars qui se contentent de raconter ce qu'il se passe. Il n'y a que le côté comptine en ritournelle sensée donné un fil rouge qui m'a semblé faire un flop, mais ce n'est pas bien grave. (à mon avis, le fait que ce soit traduits et que donc la chanson ait dû être adaptée vers quelque chose de nettement moins connu - en tout cas pour moi - n'aide pas).

En bref, un coup de coeur !

Critique publiée sur babelio


lundi 7 mars 2016

Monsieur Maléfique de Truman Capote



Résumé éditeur :

Jusqu'à dix dollars pour les meilleurs! C'est ce que M. Revercomb est prêt à vous donner pour que vous lui racontiez vos rêves soigneusement notés et mis en fiches par sa secrétaire... La jeune Sylvia saisit l'opportunité et quitte son métier de sténo. Mais pourquoi surnomme-t-on Revercomb, M. Maléfique? N'y a-t-il pas un prix à payer lorsque l'on vend ses rêves?

Quelques récits au charme mystérieux et envoûtant par l'auteur de Petit déjeuner chez Tiffany.

Fiche du livre sur Babelio


Ma critique :

Ces trois nouvelles dépeignent des univers originaux.

Chaque histoire est plutôt déprimante, une sorte de descente aux enfers tout en lethargie. C'est étrange et assez fascinant.

Le thème du diable est très présent, pas de manière directement horrifique mais insidieuse, basée sur l'appat du gain.

Les nouvelles commencent toutes de manière assez fortes et j'ai été vite happée par l'étrangeté de l'ambiance. Malheureusement j'ai senti des petites longueurs au milieu de chaque nouvelles, portées par un style un pmon goûts. Ca fonctionne bien, c'est bien écrit, les thèmes sont intéressants mais les histoires ne sont pas halletantes, on devine comment ça finit, ont est fasciné par la descente inéluctible mais on se fiche un peu des détails. le narrateur est très un retrait de l'histoire (qu'il en soit supposément un personnage ou pas) et je pense que c'est ce qui a provoqué ce sentiment chez moi.

Critique publiée sur Babelio

Ma note : 3/5

mardi 16 février 2016

Les Maquisards de Hemley Boum



Résumé éditeur :

Le nouveau roman de Hemley Boum s’inscrit dans une perspective à la fois historique et romanesque et révèle l’engagement des Bassas dans la lutte pour l’indépendance du Cameroun. Il retrace le combat des indépendantistes à travers la vie de plusieurs personnages liés par la lutte, la souffrance, mais aussi l’amour et l’amitié. La complexité et la richesse des destins individuels en butte à la grande Histoire en font des personnages très attachants. L’auteur réussi le pari d’installer la fiction au coeur de la grande Histoire.

La fiche du livre su Babelio

Ma critique :

Ce livre raconte l'histoire d'une famille pendant la lutte pour l'indépendance du Cameroun.

Personnellement, je ne connaissait rien de cette lutte et pas beaucoup plus du Cameroun. Ca a donc été l'occasion de découvrir plein de choses. Le livre raconte surtout la période avant 1958 (l'indépendance a été obtenue en 1960), et l'ambiance de résistance qui se crée peu à peu. La plupart des évènements "digne des livres d'histoire" (faits, combats, morts, lois et conséquences) n'est que brievement survolé en fin d'ouvrage. J'apprécie particulièrement cette construction qui s'appuie nettement sur le pourquoi et comment, sur l'évolution d'opinion du peuple, sur tous ce qui se passe dans l'ombre ou dans le maquis. Du coup, j'ai dû aller chercher des informations supplémentaire sur internet ensuite pour avoir un tableau un peu plus général : on reste dans le roman, on est pas abreuvé de rappel historiques sans liens avec nos héros et c'est super. Et pas bien dur d'aller se renseigner par ailleurs une fois que l'intéret a été suscité. Et je me suis insurgée en découvrant (petite naïve que je suis) la politique française et internationale là-dedans, et malheureusement c'est pas tout à fait terminé (non, je ne peux pas vous faire de cours ou de discours enflammé sur la françafrique et ces tenants sordides, je viens tout juste d'en lire deux-trois pages wikipedia). Bref, une franche réussite côté historique.

Le côté saga familiale est très important et porte le récit : les liens entre personnages, leurs sentiments leur évolutions, les secrets et drames personnels. J'ai un peu pris peur en ouvrant le livre : la page de garde sert à présenter un arbre généalogique (mais pas que, on y trouve aussi des amis par exemple) aux multiple liens croisés qui semblent digne du pire feuilleton romantique. Je n'avais pas tellement tord : on se perd régulièrement dans les méandres des infidilités trans-générationnelles, et j'ai utilisé le diagramme à plus d'une reprise. On se prend au jeu, on s'attache aux personnages charismatique mais j'ai tout de même trouvé certaines lourdeurs dans la manières dont les liens entres les personnages principaux sont tous décrits comme atypique de manière particulièrement grandiloquente, accompagné de moult effet dramatique. On assiste ainsi à des coups de foudre formidable et à des mariage plats, sans que l'état d'esprit et les attachements des personnages n'évoluent avec le temps.

Cet aspect feuilleton romantique est accetuée par le style des dialogues : tous le monde s'exprime de façon très théatral, on a plein de déclaration solanelle et des discours construit et très précis sur les états d'âme des personnages. Chose que j'ai habituellement en horreur, mais qui, si elle se fait ici remarqué, en reste supportable.

Parce que tout cela est quand même "sauvé" par le fait que l'on est dans une culture bassa et chrétienne, et que ces réactions exacérbées suivies de loin discours permettent de mieux comprendre les personnages et leur environnement. On sent plusieurs influences plus ou moins contradictoire - notamment au niveau des moeurs - et ancrées à différents niveaux du pint de vue individuel et social. On touche du doigt certaines phénomènes anthropologique sans avoir l'impression de lire un coursq sur le sujet.

Le récit n'est pas linéaire. On suit globalement une poignée de personnages autour du maquis, qui à l'évocation de certaines personnes vont partir dans de grands flash-back sur leur histoire familiale. J'aime bien cette construction, même si l'on s'y perd un peu : ils débutent généralement par les souvenirs du personnages pour continuer sur un ton plus extérieur pendant plusieurs pages. La difficulté est que le retour au présent n'est pas toujours indiquée très clairement, j'aurais aimé une mise en page un peu plus claire.

Les personnages sont des héros tragiques avec des personnalités bien trempées et très définies. Je n'en suis habituellement pas fan.

Avec tout ça, on pourrait penser que j'y ai vu un livre plein de défauts. Et pourtant ! Je me suis laissé hapée par le roman, je voulait sans arret savoir la suite, je me suis attachée aux personnages, et, tout simplement, j'ai aimé. Le rythme est bon, et pour moi ça compte pour beaucoup, et l'ambiance est bien présente. J'y ai retrouvé le même genre de plaisir que pour Les pilliers de la terre de Ken Follet : un roman historique épique plein de personnages forts, pas toujours très crédibles, mais terriblement attachants.

Merci à l'éditeur, La cheminante, et à Babelio pour cette belle découverte grace à l'opération Masse critique ! (J'ai décidément la main chanceuse quand je coche des livres au quasi-hasard)
Ma note : 4/5

Critique publiée sur Babelio

mardi 19 janvier 2016

Prendre Gloria de Marie Neuser


Descriptif éditeur :

« Vous regardez entrer une amie dans une église un dimanche à 11 h 30. »

Dans la commune italienne de P., on sauve les apparences. Et surtout le dimanche. Le 12 septembre 1993 a dérogé à la règle.
Ce jour-là, Gloria Prats quitte son amie Elena pour honorer un rendez-vous. Elle franchit le perron de l'église de la Miséricorde. Un rendez-vous furtif, pas plus de quelques minutes.
Le 12 septembre 1993, les minutes deviennent des heures. Gloria ne ressort pas.
Une fugue, à coup sûr. Ou un coup de ce petit Albanais trop discret pour être honnête. Tout, mais pas le principal suspect, protagoniste numéro 2 du rendez-vous : Damiano Solivo.

Comment on construit un monstre, comment le pouvoir oblitère la vérité dans une ville de province pétrie de règles ancestrales. Prendre Gloria est un roman noir et une puissante critique sociale, genèse du diptyque tiré d'un fait divers qui tourmenta l'Italie et l'Angleterre de 1993 à 2011.

À propos de Prendre Lily :
« C'est un thriller lent, entêtant, la traque désespérante d'un homme-savonnette qui toujours échappe. Le roman ne perd jamais son souffle. »
Télérama
« Une traque fascinante pour coincer un psychopathe. »
Paris Match

La fiche du livre sur Babelio, sur le site de l'éditeur


Le diptyque Prendre femme :

Ce livre est le deuxième tome du diptyque Prendre femme, constituer de Prendre Lily et Prendre Gloria. Les deux tomes peuvent se lire de manière indépendante. Le premier se concentre sur la traque d'un tueur en série italien en Angleterre. Je ne l'ai pas encore lu, mais il a apparemment une structure policier/thriller relativement classique avec un héros flic qui surveille et cherche à arreter le principal suspect dans au moins un meurtre mais sans que l'on puisse trouver de preuve décisive.
Le deuxième tome se concentre sur le premier meurtre de ce même tueur, mais surtout sur tout ce qui évolue autour : l'enquête embourbée, les cachotteries de tout à chacun, le système judiciaire italien ou d'autres autorités soumis à la mafia, et les diverses raisons qui font que malgré que le corps soit resté quasiment à portée de main 17 ans durant personne ne l'ai trouvé et que le coupable n'ait pas été inquiété. Plus vraiment du policier donc, et clairement pas un thriller.

Les romans s'inspirent (et même un peu plus) du fait divers du Haircut Killer

Ma critique :

Moi, j'aime bien tout ce qui est autour du policier sans en être, donc forcément je me suis sentie interpellée par ce tome. Au cours de chapitres cours, différents points de vue, souvenirs ou explications se succèdent. On y apprend plein de petits détails différents, les personnages ont des motivations très variés et les secrets et mensonges se multiplient pour plein de raisons différentes, certaines d'importance énormes et criminelles, d'autres mesquines, et tout une palette entre les deux, y compris de pieux petits mensonges ou de la terreur face à la menace.

Les époques s'etremèle, les deux principales étant 2010 où le corps de Gloria est retrouvé, et 1993 où elle a été tuée, mais plusieurs chapitres portent sur d'autres periode. Très vite on sait donc à peu près comment ça a commencé et comment ça finit. Mais il va falloir creuser pour comprendre tout ça plus précisément et surtout comprendre pourquoi ça s'est passé, et surtout pourquoi est-ce que la découverte du corps ou de l'assassin ne s'est pas faite avant.

Il y a de nombreux éléments, attendus ou pas, et des rebondissements momentanés. Le rythme est globalement très bon et on reste sans arrêt sur sa fin d'un chapitre à l'autre, mais sans que l'action ne sois entrecoupée de chapitres inutiles là pour mettre du suspens inutilement. On regrette de quitter un personnage sans en savoir plus, mais on est content du nouvel élément apporté par le nouveau personnage en scène.

J'ai un peu regret que les errances soient toutes vues avec beaucoup de recul, dans le roman, absolument tout le monde est persuadé en tout temps de l'identité du coupable, ou presque. C'est ce qui fait la force du roman avec sa spirale de noirceur mais aussi sa faiblesse : c'est un peu lourd sur l'accusation du meurtrier de tous les vices du monde.

L'écriture est fluide, avec des changements de tons entre chapitres mais sans être très colorée.

C'est très fortement basé sur un fait divers et personnellement ça m'a mise un peu mal à l'aise : on ne sait pas trop où est le vrai du faux, et on s'amuse (parce que oui c'est un roman loisir, qu'on lit avec plaisir, où l'on veut savoir et diséquer les motivations des personnages) autour de personnes réelles sur un fait encore bouillant. Les noms ont été changés mais restent proches de la réalité, aucun doute n'est possible. Le plaisir qu'on éprouve à lire a quelque chose de voyeur - comme dans tout policier, je pense - ce que j'ai du mal à accepter pleinement lorsque ça concerne des personnes vivantes ou encore bien présentes à l'esprit de leur proches (et qui n'ont pas choisies d'avoir une vie publique), qu'elles soient blanches comem neige ou profondément viciées. Un détail que j'ai trouvé agaçant : les villes concernées ne sont pas nomées, et simplement désognées par P. ou B. ce qui je trouve est assez désagréable à lire.

Un bon roman donc, que j'aurais sans doute approuvé sans reserve sans ce petit malaise dû au réalisme de la chose.

Ma note : 3/5

La rencontre avec l'auteur : 

J'ai reçu ce livre dans le cadre d'une opération organisé par Babelio (oui encore) et Fleuve noir : Merci à eux ! J'ai pu participer à la rencontre avec l'auteur dans les locaux de Babelio, et encore une fois c'était bien intéressant et fort sympathique (j'ai encore tenu la jambe des heures durant à l'équipe Babelio, ils vont finir par me mettre dehors un jour).

L'auteur est très dynamique et pleine de passion: la rencontre a été animée ! Surtout que le public était également très curieux avec beaucoup de questions et de commentaire. Et comme d'habitude Bibalice a bien mené la rencontre.

L'échange a beaucoup tourné autour de l'affaire Claps (la famille de la fille disparue IRL) et du rapport de l'auteur à l'enquête. Marie Neuser a découvert l'affaire après la découverte du corps. Prise de curiosité, elle va chercher un peu plus d'infos sur l'affaire et tombe alors sur un terrible imbriglio incompréhensble de faits plus ou moins contradictoires, tout en étant particulièrement touchée par la famille de la victime. Elle va alors tenter de déméler tout ça en amateur, et se retrouve comme aspirer par l'affaire.

En racontant cette histoire invraisemblable à un ami elle se voit répondre avec humour : "tu as trouvé le sujet de ton prochain roman !", ce à crois elle ne croit pas une seconde. Et pourtant, dans la nuit d'après le déclic se fait et alors le roman parait être une évidence.

Elle passe trois ans sur le roman et globalement sur l'affaire. De très nombreux éléments d'enquête sont mis à disposition du public (par exemple les procès filmer, ou de nombreuses séquences de l'émission Chi l'ha visto qui proposent également de consulter des pièces du dossier). Elle tente de donner un sens à tout cela, et fait des petites fiche sur chaque élément et leur chronologie avant de tenter de les mettre en rapport.

Et petit à petit un roman se construit autour de cette analyse. Il y a alors deux grandes parties : la partie enquête et traque anglaise, dont les informations viennent principalement de la presse britanique ou italienne, et la partie fouilli italien avec ses grosses interrogations : comment n'a-t-il pas été arrêté avant ? Comment est-il possible que le corps n'est pas été retrouvé avant ? Qui a fait obstruction et comment ? Pourquoi ces décision de la procureur ? Il devient alors clair qu'il s'agit de deux livres très différents.

Pour Prendre Gloria, elle imagine les motivations des personnages qui ne parlent pas ou dont les mensonges sont maintenant évidents. Elle tente de donner une logique à ce qui semble ne pas en avoir et rempli les trous. Ce faisant, elle reste néanmoins toujours dans le cohérent. Il s'agit d'une explication possible, et elel reconnaît être assez fière d'elle parceque "ça colle". Elle dit même avec humour : "L'affaire Claps, c'est moi qui ait tout compris !".

Un gros point positif : comme la rencontre se fait avec des gens qui ont normalement tous lu le livre, on a pu parlé ouvertement de tel ou tel éléments, de est-ce que telle explication a été montée de toute pièce ou pas, etc. Bref, je reste convaincue que c'est un super format de rencontre.

La démarche m'a énormément fait penser au jeu Crimebox Investigation, dont je me suis du coup dépéchée de mettre une critique sur mon blog.

Anecdote : le hasard a fait qu'elle a travaillé avec un italien venant précisément de P., lieu de la disparition d'Elisa Claps.

Pour l'édition de ce livre, l'auteur a eut recourt à un agent littéraire. Intérrogé à ce sujet, elle explique que c'est l'agent qui l'a contacté parce qu'elle n'avait pas publié de livre après quelques succès, pour lui demandé si elle avait quelque chose en stock ou en cours. Elle réalise alors qu'elle n'a pas le temps et l'envie de se préoccuper du côté recherche/relation éditeur, et lui confie Gloria. L'entente se fait apparemment sans soucis. Elle semble très satisfaite de ce système, et de son agent en particulier.

Parmis les autres thème abordé, on a discuté des différence culturelle entre l'Italie du Sud(des années 90) et la France, principalement autour de l'omniprésence de la religion (les curés s'occupent de tous le parascolaire, des groupes de musiques punk jouent sous des crucifix, la vie publique est globalement liée à l'Eglise, on né dedans quel que soit nos convictions), sur le système judiciaire (tous les éléments à la portée du grands publics, les journalistes qui s'emparent complètement des faits, les proces filmés) et les mafias (tous les petits arrangements entre notables et menaces diverses, les petites mafia de ceux qui ont quelque notoriété).

J'espère ne pas trop avoir déformée les propos de l'auteur, mais j'aurais du mal à le garantir.

Après la rencontre a eut lieu la séance de dédicaces/petits fours. Marie Neuser a pris le temps de discuter avec tous les lecteurs. Comme d'habitude l'accueil de l'équipe Babelio était super et les lecteurs présents très sympathiques, ont a d'ailleurs pas mal échangé. De belles rencontres après une belle rencontre ! Et en fait de soirées l'auteur rejoins les rares survivants et l'équipe Babelio pour une discussion détendue mais fort intéressante (par exemple, j'y ai appris qu'après avoir lu une critique utilisant ces termes elle regretter de ne pas avoir penser au titre "Rendre Gloria" pour ce tome, et qu'elle craignait de decevoir les lecteurs de Prendre Lily car Prendre Gloria est d'un genre assez différent et peut-être moins populaire. Si ça ne semble pas être le cas pour les très grands lecteurs (les avis babelio sont positifs), c'est peut-être le cas pour un public plus large).



Crimebox investigation de Cymon Kraft




Descriptif éditeur :


Tous les amateurs de polars littéraires ou cinématographiques brûlent de démêler le vrai du faux, de résoudre le casse-tête de l’enquête avant le héros de l’histoire.
Dans une ville anonyme des États-Unis d’Amérique, un horrible meurtre a eu lieu. VOUS êtes les enquêteurs chargés de cette affaire.

Principe du jeu
Crimebox – Investigation est un jeu de narration et de déduction.
Avec le même matériel, deux modes de jeu s’offrent à vous :
 L’enquête (pour 2 à 6 joueurs) : résolvez, tous ensemble ou individuellement, une «affaire» criminelle en vous aidant d’indices dévoilés au fur et à mesure de la partie. Ferez-vous preuve de suffisamment de logique et d’imagination pour confondre le coupable ?
 Le procès (de 4 à 8 joueurs) : incarnez, seul ou en équipe, un avocat chargé de défendre un suspect ou alors le procureur qui doit en faire condamner un. Soyez convaincant. N’omettez aucun détail, imaginez tous les scénarios possibles et sortez vainqueur de cette confrontation judiciaire !
Le jeu sur le site de l'éditeur

Ma critique :

Crimebox est un bon jeu narrativiste où le but est de trouver une explication convainquante aux différents éléments d'une enquête policière. Pièce que l'on va placer soi-même, parfois avec une petite idée derrière la tête. Parce que bon, ce serait quand même nettement mieux si l'enquête concluait à l'innocence de notre client.

On a vraiment le plaisir de l'enquête à base de "mais comment c'est possible d'expliquer ça ??". Et avec des joueurs imaginatifs on peut vraiment créer des scénarios bien sympa où chacun des éléments contribue à la solution trouvées. Avec des joueurs moins céatif, où les jours/tirages un peu moins inspirés, certains de ses éléments se trouveront là un peu plus par hasard. Mais je vous assure que TOUT est explicable. 

Deux modes de jeux sont proposés, mais jouer avec des camps aide franchement à trouver des motivations au placement des cartes, qui se fait sinon sans grande conviction (on peut aussi mettre dès la mise place tous les éléments si les joueurs préfèrent. Ca rend l'enquête plus obscurs et peu faire sécher, mais ça permet aux indécis de ne pas avoir à jouer la phase placement de cartes). Le mode compétitif se fait normalement à 4, mais avec des joueurs de bonnes foi on peut le jouer à 3. Ce mode permet d'être un peu méchant et lance de mini défi entre joueur "vas-y, explique que l'on est trouvé un couteau avec les empreintes de ton clients et le sang de la victime saignée à blanc sur la scène du crime s'il est innocent", et si c'est sympa de voir nos adversaire patauger, c'est encore plus mémorable de les voir s'en sortir ! 

Comme tous les jeux où les joueurs doivent utiliser leur imagination pour construire un récit commun, le jeu peut tomber à plat si certains joueur ne sont pas inspirés, ne rentrent pas dans l'ambiance, où ne sont pas dans le même état d'esprit que les autres. C'est aussi plutôt un jeu de joueur, dans le sens où il faut jouer avec fair play et bonne humeur pour que les parties marchent bien. On aimrait avoir un peu plus de cartes parfois pour des parties plus variées - notamment les cartes "premières observations" (de type "la victime est nue", "la victime a été torturée",...) parce qu'elle oriente souvent pas mal les parties. Et enfin si on y joue trop souvent on retombe un peu sur les mêmes schémas. 

Malgré ces défauts c'est le sens jeu que je connaisse qui procure vraiment des sensations d'enquête sans avoir de scénario pré-établi, et c'est déjà énorme. L'ambiance y est, et avec des joueurs se prenant au jeu ça donne des choses vraiment chouettes. Les parties durent chez nous environ une demi heure (un peu plus à plus nombreux), ce qui est une durée idéale pour ce genre de jeu (c'est d'ailleurs la durée d'un épisode classique de série policère, non ?)

La boite (en tout cas la mienne, sur l'ancienne édition) contient des nouvelles qui sans être formidables ne sont pas désagréables, et permettent en tout cas de bien saisir l'ambiance du jeu. 

 Ma note : 3/5


L'extension : Crimebox Paranormal




Le jeu possède une extension qui permet de renouveler les parties, autour du thème paranormal. Le thème est sympa et l'extension marche, on retrouve typiquement des oppositions Scully contre Mulder où un camp va soutenir la cause surnaturelle pendant que l'autre va tenter la rationnalité, ce qui est bien sympa. On restreint par contre encore un peu le public de joueurs avec qui ça marche bien.
Certaines cartes de l'extension amènent forcément l'enquête sur des pistes très spécifiques. Pour se contenter d'enrichir le jeu de bases avec plus de possibilités, ils faut doc un peu trier les cartes et ne pas toutes les inclure à toutes les parties, sinon la porportion de cartes "paranormales" est trop importante pour rester sur un registre plus classique. J'aurais aimé quelques cartes plus classique pour enrichir le jeu de base en général.

Le Nid, Cocon ludique - Bar à jeux


C'est mon boulot !

Je travaille maintenant dans un bar à jeux : Le Nid, 227 rue Saint Martin (à 5minutes à pied de chez moi, si c'est pas merveilleux !). J'y sers à boire, je prépare des planches et des brunchs et j'y aiguille les joueurs ou acheteurs. Le boulot comme l'ambiance me plaisent énormément, et pour moi qui aurais pas cru pouvoir un jour bosser dans l'univers du jeu, c'est comme un rêve qui se réalise ! (Bon, un rêve plus fatiguant que reposant quand même, d'ailleurs j'ai rarement aussi bien dormi que dernièrement).

Donc, si vous passez en soirée entre le lundi et le jeudi, ou en journée le dimanche vous pourrez me voir bosser !

Vous vous en doutez donc, la suite de cet article sera très partiale.

Le principe 

C'est une boutique de jeu sur l'avant, et un grand bar à jeux partout ailleurs. Pour venir jouer, il y a un droit d'entrée de 3€, plus au moins une consommation par personne. L'accès au jeux est complètement libre après ça (plus de 500 références, avec vraiment tout type de jeux - excepté les grands classiques en fait. En particulier, tous les jeux en ventes sont disponibles au bar).  

L'espace est lumineux avec de grandes tables, on est à l'aise pour jouer ! En soirée, et en particulier pour les grands groupes, il vaut mieux réserver. 

Pour les jeux, le choix se fait devant les grandes étgères, triées par grands type de jeux (ambiance, deux joueurs, coop, tactique/stratégique, gros jeux, jeunesse). On est là pour répondre à vos questions et vous donner des suggestions si vous manquez d'idées :). Les joueurs sont ensuite autonomes pour lancer la partie, même si on est là en cas de gros blocage ou de questions (enfin, pour être honête, entre 19h30 et 20h30 c'est souvent difficile de nous chopper plus de 5 minutes à une table). 

Il y a des groupes de toute taille, et le fonctionnement "normal" c'est que l'on vient pour jouer avec son groupe. Il est parfois possible de trouver une table d'adoption si on est seul, ou deux nouveaux amis si on vient à deux, mais hors soirées spéciales on repose pas mal sur la chance pour ça. 

Il y a pas mal d'évènements organisés (des éditeurs ou auteurs qui viennent présenter leur jeux, des tournois), où pour le coup on peut venir seul sans soucis. Ou à plus. C'est toujours très convivial, et en général ça concerne de très bons jeux ! 
Le planing est dispo sur la page facebook : https://www.facebook.com/lenidcoconludique/events


Les mardis soirs l'association des joueurs anonymes (attention, j'ai des billes là-bas aussi :p) est présente pour rassembler tout type de joueurs, se retrouver dans une ambiance sympa et expliquer les règles. Bon, j les adore, c'est pile mon ambiance et je m'y suis fait de très bon amis, et c'est en y animant que je me suis faitr connaître du Nid, donc ils sont forcément géniaux. 
Ils font aussi d'autres soirées ailleurs. Et un jour ils auront probablement un article pour eux ici. 
Leur page facebook (site web, bientôt !)


Le dimanche, c'est brunch ! Là le fonctionnement est un peu différent : c'est 25€ tout compris :accès, boisson chaude à volonté, jus de fruits, viennoiseries, grande assiette salée (tarte, salade, petit rouleau speck-fromage, tartinades, pain grillé) et dessert (faisselle et tarte). Et super ultra bonus : c'est moi la chef. Bref, encore une fois, c'est absolument géniale. 

Les coordonnées 

(Parce que quitte à faire de la pub autant le faire bien)

Le Nid- Cocon ludique
227, rue Saint Martin
75003 PARIS

0782752300 (réservations conseillées pour les groupes de plus de 5)

Page Facebook (avec en particulier les évènements à venir)

Les horaires :
Lundi : 18h – 1h 
Mardi au Samedi : 12h – 1h 
Dimanche : 12h – 20h

La petite lumière de Antonio Moresco



Descriptif éditeur : 

« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant » : ainsi commence La Petite Lumière. C’est le récit d’un isolement, d’un dégagement mais aussi d’une immersion. Le lecteur, pris dans l’imminence d’une tempête annoncée mais qui tarde à venir, reste suspendu comme par enchantement parmi les éléments déchaînés du paysage qui s’offrent comme le symptôme des maux les plus déchirants de notre monde au moment de sa disparition possible.

L’espace fait signe par cette petite lumière que le narrateur perçoit tous les soirs et dont il décide d’aller chercher la source. Il part en quête de cette lueur et trouve, au terme d’un voyage dans une forêt animée, une petite maison où vit un enfant. Il parvient à établir un dialogue avec lui et une relation s’ébauche dans la correspondance parfaite des deux personnages. Cette correspondance offre au narrateur l’occasion d’un finale inattendu.

La petite lumière sera comme une luciole pour les lecteurs qui croient encore que la littérature est une entreprise dont la portée se mesure dans ses effets sur l’existence.

La fiche sur Babelio


Ma critique : 

J'ai beaucoup aimé ce livre, qui m'a était conseillé par un bibliothécaire (merci à lui !). On est dans le flou sans trop savoir ce qu'il se passe. On suit un homme qui vit isolé et détaché du monde dans les montagnes. En face s'allume le soir une petite lumière. L'ambiance est globalement un peu étrange ou mystique*. Peu à peu des choses se révèlent mais tout est loin d'être expliqué. A fuir donc pour ceux qui aiment la rationnalité par-dessus tout. Tout comme pour ceux qui aiment les histoires bourrées d'actions, ce petit roman est plutôt contemplatif, mais sans être ennuyeux. 

C'est surtout très bien écrit avec une focale très humaine, pleine d'empathie. Le "héros" de l'histoire semble depressif, peu enclin à faire quoi que ce soit, sans que ce soit décrit avec aucune lourdeur. Ca explore plus le côté apathique que déprimant, et c'est assez rarement bien fait pour être remarqué (en tout cas, je connait pas). L'histoire s'articule autour d'une fascination sans passion, d'un élément qui semble à la fois être étrange et dans l'ordre des choses. 

Mon coup de coeur de la fin d'année 2015. 

*J'arrive pas à retrouver le mot que je cherche mais ça ressemblerait à l'équivalent de l'anglais eerie je crois, une ambiance un peu haloweenesque mais pas vraiment effrayante.

Critique publiée sur Babelio

Ma note : 5/5

Kaléidos de Spartaco Albertarelli, Elena Prette, Angelo Zucca et Marianna Fulvi


 Descriptif éditeur : 

À votre avis, combien d'objets différents peuvent se cacher dans cette illustration ? Dites un nombre... multipliez-le par cent et vous approcherez de la vérité !

Le temps d'un sablier, essayez de découvrir un maximum de mots commençant par la même lettre dans l'une des dix illustrations incroyablement surréalistes du jeu. Soyez rapide mais surtout malin car les éléments les plus précieux sont ceux que vous serez seul à remarquer. Jouez tranquillement en famille ou en équipes jusqu'à 12 joueurs pour des parties frénétiques.

Matériel : 20 fiches illustrées, 4 chevalets porte-fiches, 4 crayons, 24 cartes Lettre, 1 bloc de 100 feuilles de papier, 1 sablier, 1 règle.

Pour ses 20 ans, Kaleidos ressort tout nouveau tout beau avec QUE des planches d'illustrations inédites

La fiche du jeu sur le site de l'éditeur, sur trictrac, et sur boardgamegeek.


Mon descriptif :

A chaque manche (rapide), il faut essayer de trouver un maximum de mots commnçant par une lettre donnée représentés sur une image (très chargée). Pour cela il faudra un bon sens de l'observation mais aussi pas mal de vocabulaire et de créativité, car c'est souvent grâce à des manière de voir originales que l'on va marquer des points. La phase de décompte et en général assez vivante, avec des débats et une once de mauvaise foi quand à la validité de certains mots.

Une des 10 images du jeu édition édition 20 ans. 


Ma critique: 

Le principe du jeu est très simple. Ca rappelle la baccalauréat et de ce côté ça ne fait pas super envie mais il ne faut pas s'y arrêter : c'est bien plus que ça ! Il y a une partie observation, mais surtout le sel du jeu est dans la recherche de synonymes, de termes généraux ou spécifiques, et de vision un peu tordue ou originales des choses. Le résultat est très sympathique pour qui aime au moins un peu les jeux de lettres ou de mots, sans contrainte de niveau (même si les scores peuvent s'en retrouver très désiquilibrés). où on se marre bien en comparant nos idées tordues. Ce debrief permet quelques moments de grande fierté où on peut être bien content d'avoir trouver un mot pile adapté mais recherché et de frustration ("arg, mais comment j'ai pu louper qu'il y avait des animaux !"). Evidemment ce côté est plus fun à plus de deux. 

Il marche très bien en réunion de famille avec des joueurs de différentes générations (de 9 à 99ans, si la vue et la rapidité d'écriture suivent). Pour les plus jeunes, il vaut probablement mieux jouer en équipe avec un "scribe" adultes parce que le fait d'écrire plus lentement que les autres peut être assez frustrant.  Et évidemment c'est pas vraiment jouable pour qui ne maitrise pas bien la l'écriture. 

La règle précise que l'on peut jouer en équipe, mais ça marche exactement pareil sauf qu'on met les points en commun. Mais du moment que tous les joueurs peuvent voir clairement l'image (chaque image est en 4 exemplaire), il n'y a pas vraiment de raison de limiter à un nombre de joueurs précis. Mais si on joue à 20 le debrief risque d'être très long... (Hey ! Ca ferais pas un bon jeu de mariage avec un montage photo des mariés & co?)

Il faut tout de même signaler que c'est un peu lassant et qu'il s'agit plutôt d'un jeu que l'on sortira occasionnellement que d'un jeu auquel on jouera avec une grande régularité. Surtout que sinon les mêmes mots finissent par revenir. 

Côté illustration, c'est très chargé et perso j'aime pas le trait, mais ça se prette très bien à l'exercice. Différentes éditions existent, avec des dessins bien différents à chaque fois. Une version junior existe, qui semble proposer des variantes pour les plus jeunes, mais j'ai pas testé. 

Ma note : 4/5

Différentes éditions du jeu :












mardi 29 décembre 2015

Toujours d'autres montagnes de Alain Darnaud



Descriptif éditeur : 
Roman Contemporain

« Huit secondes. Quand Isabelle est entrée dans la banque, tout était dit.
J'avais finalement réussi à le brandir, ce maudit pistolet. Il était temps. C'était bien beau de vouloir venger d'un coup tous les accordéons fatigués et les mouches assassinées, mais braquer une banque, ça ne s'improvise pas, c'est un métier, et on ne peut pas dire que je me sentais vraiment la vocation...
Et Isabelle a poussé la porte.
Isabelle, son visage mélancolique et mes 17 ans, puis tout de suite derrière elle le petit avion dans la montagne, la première image qui m'est revenue en mémoire, à jamais lié au souvenir d'une lycéenne devenue cette femme raffinée. »

Entre passé et présent, humour et révélations, ce roman est un appel au voyage et au souvenir. Mais le temps efface-t-il toutes les blessures ? Quel est ce secret que cache si bien cette nouvelle Isabelle ? Vingt ans... C'était peut-être trop tôt.
Ou trop tard.



Ma critique :

Le livre se concentre autour de la nostalgie d'un premier amour et de diverses folies plus ou moins douces.

J'ai beaucoup aimé le début du livre avec son ton un peu décalé, entre délire dépressif et tendre nostalgie. Sur des éléments communs, le style réussissait à se démarquer pas mal.

On alterne entre différente époque et différentes trame scénaristique. On verse dans le pathétique avec légèreté. On saute un peu du coq à l'âne pendant que la logique du narrateur se délite dans une sorte de dépression détachée de la réalité. En comparaison, ses souvenirs de lycée s'impose avec précision. Une histoire un peu rocambolesque aux héros paumées s'ancre dans cette ambiance. 

Mais au fur et à mesure du récit on perd un peu de légèreté et surtout on a l'impression de tourner un peu en rond. Le côté depression sans accroche au monde réel et bien raconté mais avec beaucoup de longueurs et parfois des lourdeurs. Le récit évolue graduellement vers des enjeux, des folies et des drames de plus en plus grands, sans être extrèmement convainquant. Il n'y a pas de suspens et pas vraiment de mystères - les révélations qui sont faites ne sont pas surprenantes et peu originales. Bon, c'est surtout un roman psychologique très introspectif donc ce n'est pas vraiment gênant, je ne crois pas que ça ait été le but. 

On s'attache tout de mêmes aux personnages, mais si les répétitions finissent par lasser. C'est dommage, c'est ce style plein de langueur qui faisait le charme des premiers premiers chapitres. 

Sur la fin, j'ai trouvé l'histoire trop rocambolesque et peu crédible, encore une fois c'est bien dommage parce que le début tout aussi rocambolesque avait réussit à être crédible. 

De bons côté donc, avec des sentiments bien évoqués qui m'ont touchés, mais trop délayé et qui peine à trouver une fin aussi convainquante que je l'espèrais. 

Ma note : 3/5

Merci à Babelio et à chemin Vert éditions pour m'avoir offert cet ebook.


lundi 28 décembre 2015

13 à table !

    
     

L'opération :
Les deux recueils de nouvelles 13 à Table ! (celui de l'an dernier et de cette année) sont publié à but solidaire, pour les restaurants du coeur, en achetant ce livre à 5€, vous permettrais donc la distribution de repas.

Une petite parenthèse : si pour 5€ ont peut mettre de côté de l'argent pour une bonne action, pourquoi les livres sont habituellement si chers ? On pourrait payer les gens avec cet argent en extra, non ? Bon, visiblement ça marche pas puisque je crois que le marché du livre est assez tendu, mais je suis toujours étonné de voir que les opérations pour lesquels les bénéfices sont reversés aux asso sont plutôt moins chers que la moyenne, alors que j'ai l'impression que ça devrait être l'inverse. Et c'est assez révélateur du fait qu'on veut bien être généreux, mais quand on y fait des "économies".

Je pourrais blablater sur à quel point l'opération est cool, sauf qu'en fait mes seuls renseignements dessus c'est ce qu'il y a écrit sur les livres (et qui me suffisent) et que maintenant vous en savez autant que moi et avez probablement une opinion aussi bien fondée que la même.

Le principe :
Il s'agit de recueil de nouvelles, chacune écrite par un auteur (à succès, dans diverse proportion) différent, autour d'un thème commun. J'aime beaucoup beaucoup ce principe qui permet de découvrir douvement des auteurs et de s'amuser des différences entre les histoires inspirées par un même thème (assez large, un repas l'an dernier, frères et soeurs celle-ci). Ca m'a permis de découvrir un peu le style de certains auteur et de me donner l'envie de m'y lancer ou pas. C'est varié, avec des univers sans grands rapports les uns avec les autres mais possédant tout de même un thème qui fait office de fil rouge et donne un sens au principe du recueil.

Bon, en pratique, dans les deux cas, j'ai parfois trouvé les thèmes trop peu présents, ou sous des aspects trop déformés. Mais je reste fan du principe.

Et détail : ça me soule un peu ces livres qui paraissent pour Noël et qui étant (entre autre) destinés à des cadeaux de fin d'année, portent le numero de l'année suivante. Du coup 13 à table 2016 est celui publié en 2015, pratique. Le bon côté des choses, c'est que ça a été reconduit :), et avec un titre pour "2016" on espère que ça le sera encore.




13 à table ! (2015), sorti en 2014, de :
Françoise Bourdin
Maxime Chattam
Alexandra Lapierre
Agnès Ledig
Gilles Legardinier
Pierre Lemaitre
Marc Levy
Guillaume Musso
Jean-Marie Périer
Tatiana De Rosnay
Eric-Emmanuel Schmitt
Franck Thilliez
Bernard Werber


Présentation éditeur : 
13 des plus grands auteurs français actuels pour 13 nouvelles centrées autour d'un thème commun : un repas. Intrigues policières, réunions de famille qui dérapent, retrouvailles inattendues... Du noir, de la tendresse, de l'humour, de l'absurde, à chacun sa recette. 13 repas à déguster sans modération, alors à table !


Ma critique : (reprise de ma critique Babelio de l'an dernier donc avec des redites par rapport à l'introduction) 

Le principe d'un recueil d'auteur un vogue sur un thème commun, le tout à prix abordable (parce que oui, malgré le fait que les bénéfices soient reversés ce n'est pas cher...) : je connaissais très peu des auteurs et c'était pour m'oi l'occasion de découvrir ces auteurs qui ont beaucoup de fans et de détracteurs pour avoir une idée de ce à quoi ça ressemble. Un catalogue mais dont la lecture a un interet propre. Et de ce point de vue là je trouve ce livre très réussi : on sent la patte de chacun (même si n'en connaissant qu'une minorité) et on se fait une idée de si le style et l'ambiance pourrait nous convenir ou pas. 

Quelques regrets cependant autour du thème commun : contrairement à ce qui est annoncé je n'ai pas du tout senti le thème commun comme "un repas". La nourriture un général, plutôt. C'est un peu dommage je trouve que si peu de nouvelles soient vraiment dans le thème. Bon, ça ne change rien à la qualité des nouvelles mais peut-être un peu à celui du recueil en tant que tout. On sent que les nouevlles ont été commandée et réunie sans être pensées pour fonctionner les unes avec les autres. On retrouve par exemple plusieurs fois un peu la même idée centrale à l'histoire et c'est dommage. 

Je ne suis pas une grande adepte de courtes nouvelles, je trouve que ça laisse souvent un certain goût et "oui, et ?". Comme c'est mon premier recueil regroupant des auteurs de genre aussi varié, il m'a permit de réviser un peu mon jugement. En fait, j'ai l'impression que ce que je n'aime pas dans une nouvelle, comme dans un roman en fait, c'est quand la longueur et la dynamique ne sont pas parfaitement adapté au format, et que sur du court ça se voit d'autant plus. 
C'est le principal défaut que je donnerais pour (quasiment) toutes les nouvelles de ce recueil que je n'ai pas aimé : une nouvelle sur une idée toute simple ça peut être chouette mais mettre une pseudo profondeur sur 20 pages pour des personages que l'on ne fera de toute façon d'éfleurer plutôt que de dire ce qu'il y avait à dire en moins de 10 pages je trouve ça indigeste.

Au final, certaines très bonnes découvertes, quelques déceptions, quelques confirmations de ce que je pensais être mes gouts et pas mal de "mouais, pourquoi pas". 

Mes avis pour chacune des nouvelles, parfois un peu rude mais comme je le disais plus c'est court plus mes avis sont tranchés !

- Françoise Bourdin, Olympe et Tatan 2/5 : j'ai réussit à m'ennuyer. Pas vraiment mauvais mais en deux pages on a compris tout l'interet de la chose. Je ne connaissais pas l'auteur et si le style ne me fait pas fuir il faudra un résumé sacrément attrayant pour me donner envie de m'y mettre.

- Maxime Chattam, Maligne 5/5 : très chouette, passé les 2 premières pages on a que des informations essentielles à l'histoire sans pour autant voir des personnages trop creux. Une bonne intrigue dynamique et originale qui arrive à nous faire ressentir quelque chose. Du coup j'ai envie de décourvir l'auteur. 

- Alexandra Lapierre, Nulle, nullissime en cuisine ! 4/5 : rigolo et sympathique, un peu creux et très léger, sans être très original. Ca passe bien dans ce format mais ne me donne pas spécialement envie d'en lire plus dans le même genre, mais pourquoi pas. 

- Agnès Ledig, Un petit morceau de pain 3/5 : pas désagréable, une histoire un peu niaise qui dit ce qu'elle a à dire sans en faire des montagne, rien de bien remarquable non plus. c'est gentillet, une nouvelle de temps en temps pourquoi pas. Il faudrait par contre me promettre une situation un peu plus excitante pour m'incitr à lire l'auteur sur un format plus long. 

- Gilles Legardinier, Mange le dessert d'abord 2/5 : Je connaissais l'auteur pour un de ses romans et son humour n'est pas vraiment à mon goût, mais ici ce n'est pas ce qui m'a le plus dérangé. Il ne s'agit pas vraiment d'une nouvelles, mais de deux épisodes autobiographiques enrobé de blabla que j'ai trouvé légèrement suffisant. Après nous avoir raconté à quel point les repas sont au centre des évenements importants et qu'il est le parfait ambassadeur de cet esprit (je force le trait), deux histoires sans liens nous sont racontées, deux histoires où le repas ne joue qu'un rôle très périphérique... Bref, un loupé pour moi. Cependant, la deuxième histoire est plutôt sympathique, et elle aurait d'après moi mieux fait d'être raconté seule et plus sobrement. A vouloir en faire trop, on se retrouve dans un entre deux que je n'ai pas apprécié. 

- Pierre Lemaitre, Une initiative 4/5 : sans être exceptionnelle, une bonne nouvelle sur la solitude et la difficulté du quotidien. Le ton reste léger et soupoudré d'humour sur un fond finalement assez sombre. Pas complètement convaincu par le style très simple et fluide, je reste curieuse de découvrir les oeuvres de l'auteur.

- Marc Levy, Dissemblance 1/5 ; bon, là, j'ai detesté. Déjà, le thème est absent et c'est bien dommage. Ensuite le ton moraliste et entendu me déplait franchement, surtout qu'il repose complètement sur du creu. Attention spoiler sur le coeur oh combien profond de la nouvelle (....) : le racisme, c'est mal. J'avais entendu des echos très variés sur Lévy et je me disais que j'allais p'tet essayer un jour pour voir dans quel camp je me rangeais, je pense que ce ne sera pas necessaire. 

- Guillaume Musso, Fantôme, 4/5 : Comme pour Lévy j'ai entendu des fans et des gens qui trouve l'auteur vraiment nul, et j'hésitais à découvrir. Et bien je trouve cette nouvelle réussie, le thème et la résolution ne sont pas farouchement originaux mais dans le format ça passe bien, on est dedans quand on le lit, le style n'est pas déségrable. Un peu prévisible, mais on va accuser le format. 

- Jean-Marie Périer, Jules et Jim, 2/5 : bien pensant et bien trop creu. Trop de personages, une histoire quasi inexistante. Dommage, le thème était respecté. Pas déplaisant mais pas intéréssant non plus. Je ne suis pas bien avancée quand à savoir si je risque d'appérécier l'auteur ou pas. 

- Tatiana de Rosnay, Le parfait, 2/5 : Bon, là ce n'est pas pour moi. Plutôt réussi dans son genre, de l'humour autour d'une belle-mère acariatre et du stress du mariage ne m'a pas touchée. Du coup, je suis mal placée pour dire si c'est réussi ou pas. 

- Eric-Emmanuel Schmitt, La part de Reine, 2/5 : grand étalage de boin sentiment. Ca traîne beaucoup trop pour décrire en long en large et en travers comment Reine est le meilleur chien du monde, meilleur (au sens de la bonté) que n'importe quel humain du monde. Beaucoup trop long pour ce que ça à à dire, dommage. De plus, j'ai trouvé que l'environnement non plus (les liens entre les certains personages, comme le jeune garçon dont les parents sont athés et qui connait plutôt bien le curé et sa réputation) n'était pas très crédibles, ce qui rajoute au coté lourd et moralisateur de l'histoire. 

- Franck Thilliez, Gabrielle, 4/5 : Une nouvelle agréable sur l'observation des ours. J'ai trouvé un peu inutile d'aller y mettre une révélation à la fin, l'intrigue n'en avait pas besoin. J'ai trouvé le tout bien écrit, on ressent quelque chose avec le personage. Un petit peu trop sur la trace de l'homme sur l'environnement sans raison particulière de causalité, mais ça colle au personage. Ca m'a convaincu de lire Puzzle, dont le plot me plaisait. 

- Bernard Werber, Langouste blues, 5/5 : J'ai beaucoup aimé ! Intelligent et légéer, avec un humour qui me plait bien. Une langouste s'adresse directement au lecteur, sur un ton bonhomme qui, pour moi, marche bien. Pourtant, je n'avais pas aimé ce que j'avais essayer de lire de Werber (le début de fourmis et un autre). Je crois que je préfère largement ce format là, nettement plus anecdotique et qui ne vous promet pas de vous révéler les plus grands secrets de l'univers. 


Ma note : 4/5




13 à table ! 2016, sorti en 2015, de :
Françoise Bourdin
Michel Bussi
Maxime Chattam
Stéphane De Groodt
François d'Epenoux (tiens, pourquoi le précédant a son article en majuscule et pas celui-ci ?)
Karine Giebel
Douglas Kennedy
Alexandra Lapierre
Agnès Ledig
Nadine Monfils
Romain Puértolas
Bernard Werber 


Descriptif éditeur : 
Les plus grands auteurs de la littérature contemporaine ont pris cette année encore leur plus belle plume pour vous concocter un délicieux recueil de nouvelles autour d'un thème : frère et sœur. Ceux qui s'aiment, ceux qui se détestent... Souvenirs d'enfance, vie commune, haine larvée ou avouée, à chacun sa recette. Douze fratries à découvrir sans modération. 

Ma critique :

Depuis l'an dernier, je me suis mise à lire nettement plus de nouvelles, et comme en plus j'avais beaucoup aimé le principe (et le contenu) de ce recueil 'an dernier, je me suis forcément jeté sur ce nouveau tome. 

Je l'ai globalement moins apprécié que le précédent : aucune des histoires n'a été un vrai coup de coeur et beaucoup m'ont plutôt déplut. J'ai regretté, encore plus que dans le précédent, le refus de l'interprétation classique du thème. Ainsi, on a absoluement aucune histoire d'enfance entre frères et soeurs. Dommage. On a par contre droit à de multiples jumeaux et frères cachés, et pas toujours pour des plus convaincants. 

Et, forcément, le titre fait moins sens avec le thème. 

Les nouvelles : 
Françoise Bourdin - Cent balles - 2,5/5 - C'est pas mal écrit mais je n'ai pas du tout accrocher à la petite histoire d'oncle confident si différent du père. Et à part ça, bah il n'y a pas grand chose dans cette histoire centrée sur une introspection un peu caricatural à la chute entendue d'un père de famille respectable. 

Michel Bussi - La seconde Morte - 4/5 - Si le style est extrèmement plat - facile à lire avec un vague humour léger de midinette et sans grand intéret - c'est probablement la meilleure histoire de ce livre, complètement basés sur la rivalité fraternelle et ses diverses conséquence et avec une chute originale et bien amnée (on a des indices avant).

Maxime Chattam - Ceci est mon corps, ceci est mon péché - 1/5 - Je n'ai pas du tout aimé celle-ci ! Ca traîne en longueur pour nous décrire larrivée d'un policier dans une cellule d'enquête très spéciale, ça monte la sauce et puis... rien. Le côté très axé enquête tue l'effet horrifique possible, et l'histoire est trop tordue pour faire sens en elle même et éveiller des peurs primaires, ce qui l'oblige en plus à se justifier à moitié mais pas vraiment non plus. Un gros flop pour ma part.

Stéphane De Groodt - Frères Coen - 4/5 - C'est une suite de jeux de mots sans réel fil conducteur, par association d'idées plus ou moins aburde. J'ai beaucoup sourit et un peu rit. C'est dense et pas facile à lire. Le longueur est très bien adaptée : en 4 pages ça arrive à nous faire rentrer agréablement dans la dynamique sans être trop lassant. Après, tout dépend si vous aimez ce tyupe d'humour. Moi (à petite dose) oui.

François d'Epenoux - La main sur le cœur - 2,5/5 - Un petit épidose sur une fratrie en conflit qui fait un effort pour leur maman. C'est à peu près tout, et si le tableau n'est pas mal dépeint il manque un peu de contenance.

Karine Giebel - Aleyna - 1/5 - Une histoire sur les mariages arrangés dans les familles musulmanes extrémistes. On rentre dans pas mal de clichés. Le sujet est intéressant mais a été traité sans finesse. Le style un peu plat, les points de narration plus originaux font un peu artificiel, tout comme la relation de fraternité supposé être la plus importante (alors que les autres sont bien traitées). C'est probablement pas si mal mais le traitement réducteur du problème (avec notamment les femmes morales vs les hommes cruels...) me met mal à l'aise.

Douglas Kennedy - Tu peux tout me dire - 3/5 - Une morale originale sur bases de secrets de famille. Mais ces secrets sont sont effleurés soit dilués. J'en garde donc un bon souvenir mais je n'ai pas passé un bon moment en lisant. L'essentiel de l'interet de la nouevlles tient pour moi en quelques lignes. Si le thème de la famille est bien présent, celui de frère et soeur pas vraiment.

Alexandra Lapierre - Fils unique - 2/5 - Une petite histoire autour d'un homme d'âge mur et de son potentiel demi-frère. Pas désagréable, mais là encore j'ai eu du mal à accrocher à l'histoire, et ça trâine un peu en longueur pour pas grand chose.

Agnès Ledig - Karen et moi - 3/5 - Une jolie petite histoire d'amitié et d'attirance. C'est passablement niais mais agréable. Probablement idéal pour tremper un orteil dans la littérature "feel-good" (c'est à dire à l'eau de rose en pas grandiloquent). Le style ici encore se fait discret.

Nadine Monfils - La robe bleue 2/5 - Ca part un peu dans tout les sens, avec une histoire principale un peu mal définie. L'histoire côoté fratrie n'a pas vraiment de rapport avec les reste de l'histoire. J'ai un peu l'impression de deux ébauches d'histoires - au moins pour partie largement inspirées d'autres histoires - entremelées sans qu'elles ne se lient. Le style change un peu, du langage beauf un peu familier/parlé/brut mais avec assez de structures pour rendre la lecture agréable.

Romain Puértolas - Le Premier Rom sur la Lune 2/5 - Une histoire invraissemblable à laquelle je n'ai pas accroché. De la SF humoristique, avec un humour lourd (et un peu éculé) qui ne me plait pas.

Bernard Werber - Jumeaux, trop jumeaux 3/5 - Des originalités et un style plutôt agréable, mais un contexte vu et revu - et sans grande saveur - et pas mal d'incohérence scientifique qui me chagrine venant de cet auteur (que je connais principalement de réputation, mais j'avais beaucoup aimé sa nouvelle La langouste bleue dans le recueil de l'année passé). Par exemple la remarque "plus que des jumeaux, des clones" qui m'a fait levé les yeux au ciel. Globalement, j'ai trouvé l'histoire absolument pas vraisemblable et placée dans un cadre qui ne met pas franchement d'humeur pour des explications mystiques non plus.


Je suis peut-être un peu sévère, mais ça s'explique en partie par ma déception face au thème que j'attendais. Et en partie aussi parce que j'ai trouvé le tome de l'an passé plus réussi.

Ma note : 3/5