lundi 30 janvier 2017

Le dernier Lapon d'Olivier Truc


Résumé éditeur :


L'hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul-Emile Victor. C’est un événement dans le village. Dans la nuit le tambour est volé. On soupçonne les fondamentalistes protestants laestadiens : ils ont dans le passé détruit de nombreux tambours pour combattre le paganisme. Puis on pense que ce sont les indépendantistes sami qui ont fait le coup pour faire parler d’eux.

La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. Deux enquêteurs de la police des rennes, Klemet Nango le Lapon et son équipière Nina Nansen, fraîche émoulue de l’école de police, sont persuadés que les deux affaires sont liées. Mais à Kautokeino on n’aime pas remuer les vieilles histoires et ils sont renvoyés à leurs courses sur leurs scooters des neiges à travers l’immensité glacée de la Laponie, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes dont les troupeaux se mélangent. Au cours de l’enquête sur le meurtre Nina est fascinée par la beauté sauvage d’Aslak, qui vit comme ses ancêtres et connaît parfaitement ce monde sauvage et blanc.

Que s’est-il passé en 1939 au cours de l’expédition de P-E. Victor, pourquoi, avant de disparaître, l’un des guides leur a-t-il donné ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks, ces chants traditionnels que chante le sympathique vieil oncle de Klemet pour sa jeune fiancée chinoise ? Que dissimule la tendre Berit malmenée depuis cinquante ans par le pasteur et ses employeurs ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et a l’air de bien connaître la géologie du coin ?
Dans une atmosphère à la Fargo, au milieu d’un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hypermodernité et de la tradition d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.


La fiche du livre sur Babelio et sur le site de ses éditeurs, Métailié et Points.


Ma critique :

Un beau roman, qui m'a permis d'en apprendre beaucoup sur les lapons.

On suit un duo d'enquêteur en Laponie. Spécialisés en police des rennes - ils règlent habituellement des conflits de débordement des troupeaux sur les terres du voisin ou d'accident de rennes donnant lieu à compensation - les deux héros, pour leur connaissance du milieu, se retrouve mêlés à deux enquêtes plus traditionnellement policière (vol et meurtre).

L'ambiance est très réussie, tout comme les personnages qui sortent un peu (mais pas trop quand même) des stéréotypes habituelles sur les duos de flics. Un vent frais sur une trame plus classique.

Car le déroulement de l'enquête n'est pas vraiment déroutant : d'abord l'ambiance "avant", puis le crime est commis puis rassemblement d'indices et découverte de tensions avec des pistes ouvertes, puis un événement majeur sur le passé et révélé et enfin arrive l'élément qu'il manquait et permet de tout remettre en place avant la conclusion. Ça fonctionne, mais c'est surtout un bon support pour raconter la région.

J'ai bien aimé les relations humaines de ce roman : les dialogues et plus généralement les liens entre protagonistes font vrais, avec moins d'élan de passions inexpliqué que ce qui se fait habituellement en littérature. C'est également vrai pour l'aspect culturel, qui ne nie pas la modernisation des modes de vie.  n des points remarquable du livre est aussi son féminisme moderne : par exemple, les regards lourds et gênant des hommes pour l'héroïne attirante font partie du paysage, y compris du côté des "gentils" sans que cela ne soit "bien" pour autant.

Il y a peut-être quelques longueurs, notamment une fois que l'on passe côté résolution et qu'ayant compris l'essentiel on peste de voir nos héros et l'histoire patiner - bien que cela nous permette de découvrir ou d'approfondir certains aspects culturels. Et j'ai un peu regretter que certains personnages se voient diabolisés à outrance, donnant une impression de manichéisme globale.


Un très bon livre, qui m'a totalement fascinée au début, un peu moins à la fin et que je suis ravie d'avoir lu dans ma vie. Et c'est bien écrit.

La surprise et la nouveauté du thème - bien que très présents dans ma lecture - ont peut-être été amoindris comme j'avais déjà lu La Montagne Rouge, troisième tome des aventures de la police des rennes d'Olivier Truc, lecture complétée par une rencontre passionnante avec l'auteur.
Ma note : 4/5

dimanche 22 janvier 2017

Good Morning, Midnight de Lily Brooks-Dalton


Résumé éditeur

« Ainsi prend fin le monde, non dans une explosion, mais dans un murmure. » T. S. Eliot

Augustin, un brillant astronome, est en mission dans l'Arctique lorsque sa base est évacuée. Alors que les militaires rapatrient ses collègues, il refuse de quitter l'Observatoire. Quel que soit le danger, il veut finir ses jours ici, les yeux dans les étoiles. La rencontre avec une fillette de huit ans change ses plans : il doit reprendre contact avec le monde pour qu'elle soit sauvée. Mais toutes ses tentatives restent sans réponse...
Alors qu'une jeune astronaute, Sully, quitte Jupiter pour regagner la Terre avec son équipage, elle perd tout contact avec Houston. Augustin capte son appel. Au fil des échanges, ils vont se découvrir et se rapprocher, malgré l'immense vide qui les sépare. Ensemble, ils affrontent leurs peurs et leur solitude, réfléchissent sur leurs choix passés et affrontent le futur qui les attend.



Avant-première 

Ce livre sort le 26 janvier (en traduction française, il est sorti depuis quelques mois aux États-Unis), il m'a été offert par les Presses de la Cité via une opération Babelio, merci à eux ! C'est le premier roman de son auteur, donc une vraie première que j'étais impatiente de lire ! 

Mon petit résumé :

Un vieux chercheur est resté seul dans un centre d'astronomie dans la toundra. Marginal, il ne s'est toujours intéressé qu'aux étoiles et à la gloire. Une étrange et discrète jeune compagne se trouve là, et ils cohabitent à leur manière. En parallèle, on suit également une astronaute dans une petite équipe de retour de Jupiter. Dans les deux cas, ils ont perdus tout moyen de contacté le reste de l'humanité : plus personne ne répond aux messages envoyés. Comment vont-ils réagir et se reconstruire dans cette solitude ?

Ma critique : 

Ce court roman est une très belle découverte !
J'ai été envoûtée par le début du livre : l'ambiance est très particulière, les personnages réellement originaux et la plume belle. Le roman évolue vers de plus en plus de sentimentalisme, de belle manière mais qui manque peut-être un peu de subtilité par moment. 

Si le thème est décidément SF, l'ambiance ne l'est pas du tout. Le côté épique de la conquête spatial n'est que peu voir pas évoqué si ce n'est dans les aspirations des astronautes, l’événement étrange qui semble s'être emparé de la Terre reste en marge du récit et n'a d’intérêt que pour ce qu'il provoque pour nos personnages. J'ai beaucoup aimé cet aspect entièrement constitué sur une ambiance originale, qui n'a pas peur de choisir des personnages hors du commun. 

Car le récit est vraiment centré autour de nos personnages. Si on en apprend plus sur leur vie et sur leurs réactions, l'essentiel est dans leur introspection face à la solitude. Oui, ça peut paraître chiant comme ça, mais absolument pas ! La belle plume de l'auteur (et de la traductrice) rend la lecture particulièrement agréable. Et l’aspect mystère contribue à donner envie de lire la suite.  Ce pourrait-être un n-ième roman introspectif sur pourquoi je n'en ai pas fait assez pour réussir ma vie et le revirement de la quarantaine (enfin, à des âge différents pour nos deux héros) mais en choisissant des personnages franchement différents, qui assument leurs choix et ont globalement choisi cette vie animée par la science plutôt que par la famille, l'auteur apporte quelque chose de neuf. 

Malheureusement la situation ne reste pas ainsi, et avec le temps les deux s'attendrissent. Ce qui est plutôt bien fait un temps, et avec beaucoup de poésie. Mais le trait est trop forcé, le revirement trop profond (presque au point d'en oublier l'essence des personnages) et quelques (rares, tant mieux) scènes franchement niaise. 

Leur passé familial finit par être central et parfois avec lourdeur et répétition. 

Au sein du vaisseau spatial, si on se concentre sur un personnage principal, elle ne vit pas seule et chaque membre de l'équipage à sa propre personnalité. Pour ma part, je les ai trouvé un peu trop stéréotypés, donnant à certaines scènes une ambiance un peu chick-lit qui ne m'a pas convaincue (la plus jeune des astronaute tellement sensible qui veut des câlins, le flirt avec le capitaine ferme mais tellement humain, le collègue irascible qui ne sourit qu'avec sa famille...) ce qui rend en plus le personnage principal un peu trop "parfait", ou en tout cas comme tout le monde plutôt qu'aussi marginale qu'on nous l'a initialement présentée. Dommage, parce que sinon l'ambiance de la navette est particulièrement bien décrite. 

Le vieux qui vit dans son monde -intérieur comme extérieur, est plus touchant, même si là aussi on finit par glisser vers trop de sentimentalisme. 

La plume finit également par ce faire répétitive : les mêmes thèmes sont répétés, le même vocable réutilisé. L'évolution des personnages dans des situations similaires est mis en exergue de ce fait, ce qui est plutôt réussit, mais ça l'aurait été d'avantage si leurs évolutions auraient été plus discrètes. 

J'aurais aimé un revirement moins total, un peu plus de nuances, une meilleure continuité sur les thèmes spatiaux. Ça ne gâche pas cette belle histoire, la rendant juste un peu gentillette. 

Il n'empêche que c'est un excellent livre. C'est peut-être pour ça que je suis aussi dure avec une deuxième partie du roman : j'en attendait beaucoup, ayant été complètement transportée par la première. Ce n'est *qu'un* beau roman, là où, après une petite centaine de pages, je m'attendait à un énorme coup de cœur.

Ma note : 4/5


jeudi 19 janvier 2017

Le royaume d'Emmanuel Carrère



Ma critique :

Une belle découverte en livre lu !

Ce n'est pas un roman, mais une sorte d'étude historique sur la vie d'évangélistes - tant sur les faits que sur leurs motivations, leurs relations, leurs philosophies. Plus qu'un exposé de résultats, c'est beaucoup un exposé de cheminement, avec une attention toute particulière aux indices laissés par la trace écrite et aux différentes conséquences possibles - tant avérées que spéculées.

Le ton est savant mais néanmoins divertissant. La pédanterie de l'auteur - assumée, pour une fois - exsude de partout, ce qui d'habitude m'agace. Mais là, ça fonctionne, peut-être par son côté assumé et par la manière dont je l'ai reçu - écouté plutôt que lu. Bon, la scène de porno complètement gratuite juste pour prouver que l'auteur assume et de ce fait se place au dessus des autres est un peu too-much quand même. De même que l'introduction sur son parcours spirituel personnel est un peu longuette et grandiloquente. 

J'ai été plus que ravie par la version audio : c'est très bien lu par l'auteur, avec un ton plus naturel que théâtral. C'est bien écrit, et d'une manière qui s'apprécie à l'oral, même quand on réécoute un passage pour retrouver le point où l'on s'est arrêté. Et surtout, c'est finalement un peu un amalgame d'anecdotes, donc on a moins besoin de suivre le fil que pour beaucoup de roman, une "session" d'écoute isolée a un intérêt. Le tout est fluide, presque comme une conversation avec un ami qu'on aime écouter parler (et qui aime s'écouter parler aussi). 
J'écoute surtout des livres lus pour me détendre et m'endormir, ce qui ne fonctionne qu'avec des choses qui m'intéressent. Là, c'était parfait.

Côté religieux, je suis a priori assez inculte, et j'ai par moment loupé des références ou été un peu perdue sans que cela ne m'ai jamais fait perdre le fil. C'est un livre dont on peut apprécier le fond et la forme sans absolument tout comprendre. Moi qui n'en ai pas l'expérience personnelle, j'ai apprécié d'y entendre parler de spiritualité et de quelques exemples de ce que l'on peut mettre derrière, avec une manie de tout décortiquer et expliquer rationnellement - ou en tout cas humainement - qui me parle. 

Pour moi qui aime le côté documentaire, les enquêtes, les belles voix graves, la psychologie de comptoir et qui suit curieuse de la manière de penser des autres (religieux antique et actuels comme du riche parisien mégalo) j'ai adoré ce livre lu.

Merci donc à ma bibliothèque !

samedi 14 janvier 2017

L'ami retrouvé de Fred Ulhman


Descriptif éditeur :

Âgé de seize ans, Hans Schwartz, fils unique d'un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart.

Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l'arrivée dans sa classe d'un garçon d'une famille protestante d'illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l'amitié, tel que le lui fait concevoir l'exaltation romantique qui est souvent le propre de l'adolescence.

C'est en 1932 qu'a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart.

Les parents de Hans qui soupçonnent les vexations que subit le jeune homme au lycée, décident de l'envoyer en Amérique, où il fera sa carrière et s'efforcera de rayer de sa vie et d'oublier l'enfer de son passé.

Ce passé qui se rappellera un jour à lui de façon tragique.


La fiche du livre sur Babelio


Ma critique :

Ce court roman nous présente une petite tranche de la vie d'un adolescent "juif mais pas trop", en Allemagne lors de la montée du nazisme. Un des sujet centrale est une amitié fusionnelle entre deux jeunes hommes intello un peu marginaux/dans leur monde.

J'ai beaucoup aimé la manière dont la passion amicale adolescente est décrite. C'est bien écrit, plein des élans de l'adolescence avec ses grandes questions, ses envies d'absolu et l'intime conviction d'être plus malin que les autres.

J'ai moins aimé ce que je pensais être plus présent dans le roman, et plus subtilement : l'antisémitisme et sont ressenti. J'ai été mis un peu mal à l'aise pendant les passages où le narrateur se justifie au lecteur, comme pour se dédouaner, de ne pas être vraiment trop juif, de n'être pas impliqué dans la religion ou le communautarisme, de ne pas être comme "ces autres juifs". J'ai du coup eu l'impression qu'une des idées derrière était que c'était particulièrement injuste que sa famille ait été touchée surtout parce qu'ils n'étaient pas des *vrais* juifs.

Le côté insidieux du racisme, la honte de l'autre est bien présente, j'aurais aimé la voir plus apparaître par petite touches qu'autour d'un seul élément.

La fin du livre est sur un ton très différent, ressemble plus à un témoignage nous permettant de comprendre à quoi la fuite de l'Allemagne a pu ressembler pour certains jeunes juifs issus de famille aisés. C'est intéressant mais moins littéraire.

Le livre a une vraie chute qui ne m'a pas complètement emportée.

dimanche 8 janvier 2017

Les cités perdues de Reiner Knizia, et quelques infos sur l'auteur


Description éditeur :

Pour d‘intrépides aventuriers, il existe encore plusieurs cités perdues à découvrir et explorer. L’expédition pourrait vous conduire sur les sommets de l’Himalaya, au coeur de la forêt tropicale brésilienne, en plein désert brûlant, au milieu de régions serties de volcans en éruption ou enfin, au plus profond des mers. Évidemment, les aventuriers ne peuvent se lancer dans toutes les expéditions en même temps ! Celles-ci nécessitent des ressources qui sont très limitées. Les explorateurs devront faire des choix déchirants. Les plus audacieux pourront même parier sur les chances de réussite de leur entreprise.

10 ans +
2 joueurs
30 min*

Le jeu sur le site de l'éditeur, Filosofia.

* Ça, c'est parce que le jeu est censé se passer sur plusieurs manche je crois. Une manche c'est une petite dizaine de minutes. 


La paragraphe culturel sur l'auteur :

Les cités perdues est loin d'être une nouveauté puisqu'il est sorti en 2000 - ce qui est plutôt vieux pour un jeu. Reiner Knizia, son auteur, est extrêmement prolifique et à l'époque son nom apparaissait partout. Il a fait quelques merveilles autour des années 2000, beaucoup de jeux familiaux un peu froid à l'allemande de qualités très inégales, et a même signé (ou en tout cas mis son nom sur) un jeu Nintendo DS d'entraînement cérébral. Il fait partie des auteurs qui ont beaucoup participé à l'essor du "jeu de société moderne". C'est probablement l'auteur de jeu le plus célèbre au monde, presque une sorte de célébrité mineure en Allemagne. On le voit nettement moins depuis qu'il a enfin obtenu le Spiel des Jahres en 2008 - pour Keltis - après de très nombreuses nominations. La rumeur veut qu'il a plus été récompensé pour l'ensemble de son oeuvre.

Il est notamment l'auteur de :
- Art moderne, un jeu simple et fourbe de pures enchères
- Tigre et Euphrat, un jeu de placement de tuile méchant et profond
- Durch die Wüste, un jeu de placement très stratégique, (dans le même esprit que Kingdom Builder par exemple, en plus calculatoire)
- Samurai, un jeu de placement majorité
- Ra et Amun Ra, qui viennent tous les deux de ressortir en français
- Camelot, un petit jeu de cartes
- Génial, un jeu abstrait dans l'esprit de Qwirkkle
- Le seigneur des anneaux coop, apparemment son plus gros succès mais moi je connais pas du tout ^^

Et donc Cités perdues (souvent présenté avec Schotten Totten, un autre jeu du Dr Knizia à deux, basé à peu près sur le même principe).

Bref, il a créé des jeux vraiment très varié (bon, ok, il donne assez peu dans le pur ambiance déjanté), dans des genres encore peu existants à l'époque. Tout en produisant un grand nombre de jeux sans intérêt aussi.


Ma critique de cités perdues :

C'est un des mes petits jeu préférés ! Le thème est complètement transparent, il s'agit juste de poser des cartes par ordre croissant devant soi. Sauf que l'on a que huit cartes à la fois, et qu'il faut jouer une carte à chaque tour, quitte à devoir défausser et à rendre la carte disponible pour l'adversaire - qui pourra la récupérer au moment de son choix. C'est un jeu où il faut autant voir ce qui nous rapporte des points que ce qui pourrait en donner à l'adversaire. Mieux vaut perdre 8 points qu'en faire gagner 20.
Au cœur du jeu, un principe de prise de risque et de temporisation, et donc forcément pas mal de hasard.

Les règles sont simple mais le décompte de point pénible pour la durée de partie. C'est terriblement addictif.
Cités perdues en 5 critères
Ma note : 5/5

Il est possible d'y jouer sur HappyMeeple, un petit site que j'aime bien pour jouer des jeux sans prises de tête pour tuer 10 minutes.

Et donc Keltis, c'est quoi ?

C'est le même principe, chacun doit poser des cartes devant soit par ordre croissant (ou décroissant
cette fois). Ce qui nous permet de progresser sur des pistes, qui remplace les points de victoire au décompte laborieux. Ça se joue de 2 à 4. Mais, et c'est un grand mais, c'est moins tendu que cités perdues, on se contente d'avantage d'attendre ses cartes  plutôt que de bloquer les autres. Et ça c'est triste. Il a eu plusieurs versions dérivées comme Keltis cartes (oui oui c'étaity déjà un jeu de cartes - dans une grande boîte- à la base), ou dés (appelée "Keltis Or")

samedi 7 janvier 2017

Carnaval de Ray Celestin


Descriptif éditeur :

Un premier roman exceptionnel, basé sur des faits réels survenus à la Nouvelle-Orléans en 1919.

Si la Nouvelle-Orléans est la plus française des capitales américaines, elle est aussi considérée par beaucoup comme la face obscure du pays, enfouie au cœur du sud profond. Construite sur des marécages sous le niveau de la mer, la ville est depuis toujours la proie de tornades, d’ouragans, d’inondations, d’épidémies. La nature du sol en fait une cité qui se fissure, où même les morts ne peuvent être enterrés normalement. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Ses habitants ont ainsi depuis longtemps l’habitude de la menace. Et pourtant… Lorsqu’en 1919 la ville devient la proie d’un mystérieux serial killer qui laisse sur les lieux de ses crimes d’étranges lames de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant toutes d’origine sicilienne, les rivalités ethniques s’exacerbent. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, et Ida, une jeune métisse, secrétaire de l’agence Pinkerton, vont tout faire pour résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets bien gardés. Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, l’Ange de la mort, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

Tensions raciales, corruption, vaudou, jazz et mafia : Ray Celestin a trouvé les ingrédients idéaux dans une série de meurtres qui ont réellement enflammé la Nouvelle-Orléans après la Première Guerre mondiale. Il nous offre un premier roman inoubliable, au suspense omniprésent, doublé d’un portrait de la ville d’un réalisme peu commun. Depuis L’Aliéniste de Caleb Carr, on avait jamais vu ça !

Traduit de l’anglais par Jean Szlamowicz

La fiche de livre sur Babelio et sur le site de l'éditeur, cherche-midi.

Ma critique :

Carnaval est un roman policier bien construit.

Il se base sur une idée assez originale : envoyer trois enquêteurs aux trousses du même tueur, chacun pour ses propres raisons et sans qu'il n'y ait de rivalité entre eux - où même d’intérêt pour ces enquêtes parallèles. Chacun suit des pistes différentes, ce qui nous révèle différentes facettes de ce qu'il se passe.  J'ai bien aimé l'absence de "fausse piste" : chaque piste a une raison d'être là et nous dévoile un petit quelque chose, même si elle ne nous rapproche pas énormément du tueur.

La Nouvelle-Orléans de l'époque est bien décrite et est un des points central de ce roman. Son communautarisme, son climat particulier, la ségrégation, sa mafia, sa musique, sa légèreté, sa criminalité élevée... De nombreux aspects sont abordés au fur et à mesure de l'histoire. J'ai d'autant plus apprécié que j'ai déjà eu (brièvement) l'occasion de visiter la ville. De plus l'histoire se passe à un moment qui constitue un tournant dans l'histoire d'une ville autant tournée vers le plaisir : peu après la fermeture (officielle) des bordels et l'interdiction de certaines drogues, juste avant la prohibition. Les personnages -principaux comme secondaires ou figurants - couvrent un spectre très varié, à l'image des communautés de la ville.

Je regrette tout de même l'absence quasi totale de superstition, de religion ou d'ésotérisme, alors que la couverture me laissait croire à leur présence. Ici, pas d'ambiance mystico-inquiétante, dès le début de telles explications sont complètement rejetée par les personnages tous très cartésiens sans même un frisson.

Si le livre est globalement bien écrit, il est facile à lire et les phrases sont un peu trop souvent plates. C'est dommages, parce que les quelques tentatives un peu plus recherchées sont réussie. Au début du roman notamment, j'ai beaucoup aimé la manière dont est décrit la musique jazz qui envahie la ville.

Il y a plusieurs références à Sherlock Holmes que j'ai trouvé un peu inutile, et les noms des personnages ce sont glissés ça et là dans le décors. Ça aurait pu être une idée rigolote, mais là ça m'a fait sortir de l'ambiance, trop différente de celle de Conan Doyle. C'est dommage, avec plus de modération certains points - comme le fait de souligner qu'il s'agit de la même époque à deux endroits différents et qu'il s'agit de récits populaires- auraient été très appréciables.

Le livre a une vraie fin avec du plaisir jusqu'au bout, tout en réussissant à conserver un certain réalisme dans le dénouement. Tout n'est pas forcément bouclé, la vie continue.

Ma note : 4/5

dimanche 25 décembre 2016

Le lecteur de cadavres d'Antonio Garrido




Descriptif éditeur :


Inspiré d’un personnage réel, Le lecteur de cadavres nous plonge dans la Chine Impériale du XIIIe siècle et nous relate l’extraordinaire histoire de Ci Song, un jeune garçon d’origine modeste sur lequel le destin semble s’acharner. Après la mort de ses parents, l’incendie de sa maison et l’arrestation de son frère, il est contraint de fuir son village avec sa petite sœur malade.

Ci se retrouve dans les quartiers populaires de Lin’an, la capitale de l’Empire. où la vie ne vaut pas grand-chose. Il devient un des meilleurs fossoyeurs des « champs de la mort », puis, grâce à son formidable talent pour expliquer les causes d’un décès, il est accepté à la prestigieuse Académie Ming.

L’écho de ses exploits parvient aux oreilles de l’Empereur. Celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d’assassinats qui menacent la paix impériale. S’il réussit, il entrera au sein du Conseil du Châtiment, s’il échoue : c’est la mort.

C’est ainsi que Ci Song, le lecteur de cadavres, devint le premier médecin légiste de tous les temps.



Un best-seller captivant et richement documenté où, dans la Chine opulente et exotique de l’époque médiévale, la haine et l’ambition se côtoient, comme l’amour et la mort.

La fiche du livre sur babelio et sur le site de l'éditeur (Grasset)

Ma critique :

Voila un roman qui me faisait envie depuis longtemps, mais qui n'a pas tenu ses promesses.

J'en attendait beaucoup du côté historique et de ce côté ce n'est pas si réussi : le héros de l'histoire n'est pas vraiment un homme de son temps, malgré quelques efforts un peu artificiels pour lui donner des valeurs confucianistes. De même pour le contexte : il s'agit plus d'un décors, introduit là aussi assez artificiellement dans des paragraphes visant à nous décrire le fonctionnement de la Chine de l'époque, plutôt que de les distiller dans l'histoire. Certaines choses qui devait être évidente ou assez largement connues à l'époque sont racontées comme si les personnages les découvraient. Je n'ai globalement pas senti la différence entre ce qui était novateur à l'époque et ce qui était admis dans les mœurs, ce qui est un soucis. Et au final je n'en sais pas beaucoup plus sur l'état de l'art de l'époque dans la région en médecine et médecine légale.
On apprend des choses tout de même, mais plus par quelques paragraphes magistraux que par l'ambiance, or c'est exactement l'inverse que je demande à un roman historique.

Je m'attendais aussi à une sorte de saga retraçant la vie du personnage, mais on ne le suit que sur une ou deux années. Les aventures sont très personnelles et un peu déjà vues au début (le pauvre jeune homme sur qui tous les malheurs s'abattent), et très polars à la fin. Entre les deux (et qui parsème un peu le reste aussi) des niaiseries adolescentes qui ne semblent pas tellement coller avec le cadre et l'expérience des protagonistes.

Le style est facile à lire mais un peu inégal. Les descriptions manquent de vie, les actions sont bien décrites, le rythme est bien maintenu façon page-turner - même si par moment avec du recul on a un peu l'impression de tourner en rond. Certaines phrases (rares, mais bon...) sont clairement ridicules. ("L’humidité de ses canaux lacrymaux distillait la paix et la compréhension.").

Le tout est tout de même accrocheur : un héros des plus attachants (mais terriblement creux et sans défaut), le côté polar donne envie de connaître les tenant et aboutissants, des rebondissements à des moments opportuns. J'avais à la fois du mal à lâcher le livre et envie de râler sur ses maladresses !

En bref, un roman historique sur la médecine légale assez médiocre mais un bon roman divertissement. polar avec tendances sentimentalistes vraiment accrocheur.

Ma note : 2/5 pour ce que j'en attendais, 3/5 pour ce que c'est.

lundi 12 décembre 2016

Asie sauvage - sites naturels d'exception de Stefano Brambilla


Descriptif :

Avec ses déserts à perte de vue, ses forêts luxuriantes, ses atolls coralliens, mais aussi ses sommets les plus hauts de la planète, le continent asiatique dévoile ses merveilles naturelles au fil d'un extraordinaire voyage entrepris depuis les beautés de la Cappadoce jusqu'à l'archipel indonésien.

La fiche du livre sur Babelio

Ma critique :

C'est un livre de photos de paysages asiatiques. Les lieux choisis sont très variés - du grand nord à l’Indonésie, en passant par l’Himalaya ou les forêts chinoises. Ici, seule la "nature sauvage" est évoquée, donc pas de villes ou même d'être humain, bien que l'intégration de programmes de préservation de l'environnement occupe une part importante des textes. Les photos sont vraiment magnifiques. 

Les petites légendes à côtés de celles-ci sont bien fichues et permettre de situe rapidement certains éléments. Les textes introductifs de chaque chapitre (tous basé sur un lieu : une montagne, un parc naturel, un lac, ...) sont moins convaincants. Ils donnent l'essentiel pour comprendre la nature d'une région mais leur style est assez plat et répétitif. De plus, les éléments qu'ils évoquent ne sont pas toujours présents dans les photos et c'est assez frustrant, surtout quand on évoque des espèces animales dont je n'avais aucune idée de ce à quoi ça pouvait ressembler - les descriptions sont rares et succinctes. Du coup, ma lecture a été pas mal complétée par google image. 

Le livre à beau être grand et épais, il ne fait forcément que survoler rapidement le continent avec certains lieux qui passe à la trappe.

On retiendra donc surtout les photos à couper le souffle, qui on en plus le mérite d'être très variées d'un chapitre à l'autre.

Ma note : 4/5

Les enquêtes de Setna, tome 1 : La tombe maudite de Christian Jacq



Descriptif :

Setna est un prince, le fils de Ramsès II. Scribe aux vastes connaissances, c'est un brillant magicien, capable de lutter contre les forces du Mal. Alors que Ramsès le Grand vient de gagner la bataille de Nubie, une tragédie se produit : le vase scellé d'Osiris, le plus précieux des trésors, qui contient le secret de la vie et de la mort, a disparu. Pour contrer les plans du voleur, Setna s'allie à Sékhet, une séduisante jeune femme aux dons exceptionnels, avec laquelle il noue, envers et contre tous, une idylle passionnée. Ensemble, ils devront résoudre des énigmes mystérieuses et dénoncer les complots les plus inattendus. Leur amour et leurs savoirs seront-ils assez puissants pour combattre la malédiction ? Amour, faux-semblants et conspirations ; le premier volet d'une intrigue au cœur de l'Égypte ancienne.

La fiche du livre sur Babelio

Ma critique :

C'est le premier livre de Christian Jacq que je lis et je ne m'attendais pas tout à fait à ça !

Le ton m'a beaucoup fait pensé aux romans jeunesse, je suis même un peu surprise qu'il ne soit pas classé en temps que tel. C'est très facile à lire, rapide et très découpé. Les chapitres sont courts, les idées sont introduites très rapidement, il n'y a pas de longueur. Les personnages sont très manichéens, les héros semblent sans défaut, l'histoire d'amour se base sur un coup de foudre entre eux qui changent d'un coup leurs destinées (ou presque). Ils se verront accompagner de fidèles animaux comme le chien qui reconnaît d'instinct les gentils des méchants. Il y a des éléments fantastiques magiques assez centraux, et pas juste de l'ordre des rites et superstitions.

Ça peu sembler un peu bébête, mais c'est divertissant plutôt. On découvre ainsi des facettes de l'Egypte antique de manière assez ludique sans aller chercher très loin. Il y a suffisamment d'éléments d'intrigue, culturel ou fantastiques pour éviter longueurs et lourdeur. Ça se lit très vite, donc on ne s'attarde pas sur le côté niais qui passe donc sans faire grincer des dents pendant la lecture.

L'intrigue de se premier tome est assez classique. On peut d'ailleurs deviner assez rapidement un éléments de dénouement important et c'est dommage.

L'aspect historique est bien rendu, il y a du vocabulaire spécifique bien expliqué dans les notes en quantité bien choisie, on est de suite plongé dans le contexte historique sans s’appesantir sur les différence avec le monde actuel. On rattrape les éléments culturel au fur et à mesure sans avoir l'impression de lire des aparté de manuel d'histoire (sauf pour les notes explicatives mais elles sont courtes). Le livre est parsemé de dessin égyptiens en rapport avec l'histoire qui peuvent du coup se permettre des légendes très courtes pour être pertinentes et nous fait ressentir que les éléments évoqués ont bien fait partie de la culture égyptienne.

Ce tome n'est pas indépendant, même si certains éléments trouvent leur réponse (quand même !) l'intrigue principale est loin d'être terminée.

Un lecture plaisant qui raconte très bien une partie de la culture d'Egypte antique. L'intrigue et les personnages au style roman jeunesse ne sont pas bien profonds, mais tout glisse facilement et ça se lit vite. Je lirai probablement la suite un jour.

Ma note : 3/5

jeudi 8 décembre 2016

Tash Kalar de Vlaada Chvátil

Descriptif éditeur :

Depuis la nuit des temps, l'arène de Tash-Kalar est le lieu d'affrontement des plus grands mages de l'univers.
Vous êtes l'un de ces invocateurs aux pouvoirs quasi divins. Réussirez-vous à imposer votre suprématie sur l'arène ?


Tash-Kalar - l'Arène des Légendes est le nouveau jeu de tactique et de stratégie de Vlaada Chvátil (Dungeon Lords, Space Alert, Galaxy Trucker!), dans lequel vous invoquerez de puissantes créatures pour écraser vos adversaires lors d'un combat épique. Choisissez votre faction et lancez-vous dans la bataille : contrôlez la puissance mystique des Sylvains, relâchez la furie destructrice des Highlanders et maitrisez les manoeuvres incisives des Impériaux. Préparez vos plans, renforcez vos positions puis déchainez toute votre puissance en invoquant une immense créature légendaire pour devenir l'un des maîtres de Tash-Kalar.

Défiez un seul adversaire dans une compétition subtile et technique ou lors d'un brutal match à mort. A plusieurs, battez-vous dans une mêlée sans pitié ou choisissez un allié pour surpassez l'équipe adverse.

Entrez dans la légende de Tash-Kalar !


Ma critique :

Tash Kalar n'est pas un jeu pour moi. La logique de base emprunte aux jeux abstraits de placement (qui ne sont pas des jeux pour moi) - on veut avoir des pions bien placés pour piéger l'autre sur un quadrillage. Sauf que les mouvements, placement ou évolutions possibles dépendant fortement des cartes que l'ont tire. Et que l'on vise de objectifs un peu tordus sur les configurations du jeu. 
Mon je n'y comprends rien, je joue au pif ce qui est possible à chaque tour. Mais il est plus que possible de jouer autrement, la preuve : je perds à chaque fois ! 

Quand on comprends un peu ce qui se passe, on peut miser sur des combos et faire des plans subtils à deux ou trois coups pour pouvoir sortir des pouvoirs puissants grâce à des petits combos de cartes dans le bon sens. Et sur le moyen terme, on peut optimiser sa présence ou ses possibilités pour les objectifs. Enfin, il paraît, moi j'ai pas le niveau.

Il faudra donc avoir une capacité de réflexion sur les jeux abstraits style échecs ou autre pour pouvoir apprécier pleinement ce jeu et ces combos. M. Hum aime beaucoup. 

Ma note : 1/5 pour moi, 3 à 4 / 5 pour les qualités du jeu, je suppose

dimanche 4 décembre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs et Cassandra Jean (BD)


Descriptif éditeur :


Fils unique, destiné à reprendre la pharmacie de ses parents, ado indolent et sans passion… Jacob mène une vie monotone. Son grand-père lui raconte depuis qu’il est petit des histoires merveilleuses : un orphelinat abrite sur une île mystérieuses des enfants aux talents extraordinaires… Même si Jacob a parfois eu envie d’y croire, il est lucide : le vieil homme n’a plus toute sa tête. Mais un jour, Jacob retrouve Grand-Père dans le jardin, une horrible blessure au ventre…

Événement : la version BD du roman de Ransom Riggs (Bayard jeunesse), dont l’adaptation au cinéma est prévue par Tim Burton en 2016 !

Ma critique :

J'ai trouvé cette BD très chouette !

L'ambiance est bien rendue, notamment avec l'alternance couleurs ou pas. L'histoire (des enfants doués de super-pouvoir dans un pensionnat) n'est pas originale du tout mais fonctionne très bien. Un certain charme opère, la personnalité des personnages est plutôt bien esquissé, le tout très agréable à lire et fluide. Je l'ai dévoré en moins de 2h, et ça m'a mis de bonne humeur pour la journée.

Le dessin est agréable et le style sert bien l'histoire. le photos distillées de temps en temps donne une ambiance très réussie sans surchargé le livre. Graphiquement, j'ai beaucoup aimé ce renvoi photo/dessin sur les mêmes personnages.

Ce n'est ni larmoyant ni joyeux, légèrement mystérieux, assez peu d'actions pendant la majorité de l'histoire. Ça m'a donné envie de lire la suite.

Ma note 4/5

The colonists de Tim Puls - Premières impressions




Descriptif :

The colonists m'a beaucoup fait pensé aux jeux de Rosenberg.
On développe son plateau personnel, dans lequel on construit différents bâtiments qui nous rapport force de travail, ressources et points de victoire. Pour cela on choisit des actions (récupérer des ressources, construire de nouveaux bâtiments, transformer des ressources en points), qui arrivent au fur et à mesure de la partie, sur un plateau centrale. La mécanique est d'ailleurs assez sympa, avec une composante spatiale : les actions sont des hexagones et on doit faire des actions adjacentes à chaque fois (enfin, on peut aussi se rendre directement vers un marché si on veut changer de zone). On peut aller sur des actions occupées par d'autres joueurs mais on devra alors lui payer une taxe.

Une partie se compose de 4 époque, avec des bâtiments et des ouvriers de plus en plus puissants et demandeurs. On peut ne jouer que certaines de ces périodes, pour des parties plus courtes.

Car le jeu est long. Je n'ai pour le moment fait qu'une partie avec les époques 1 et 2 et on a mis plus de 3h (on était pas forcément très rapides non plus). Une partie complète est annoncée d'environ 6h.



Mes impressions :

Après une demie-partie seulement (une partie en 2 ère)

Le thème est malheureusement très faible, je m'attendais à plus. On a par exemple aucune idée de l'époque dans laquelle on joue, et je m'attendais à autre chose en voyant la boite. 

La mécanique centrale est sympa et apporte un petit quelque chose de plus à le pose d'ouvrier. C'est par contre un peu casse-tête et du coup les tours peuvent être longs. Il y a une mécanique de gestion des stocks de ressources, avec trois types d’entrepôts à travers lesquels ont peu faire circuler les biens quand un seul est accessible pour utiliser les biens. Les différents types d'ouvriers (3 seulement) de plus en plus demandeurs pour des actions plus avancées semble également sympathique (mais plus pertinent à partir de l'âge 3, je suppose).

Les règles ne sont pas très complexes, il y a par contre beaucoup d'actions différentes et plein de tuiles à trier partout. C'est un peu fouillis et peut-être un peu gratuitement.

Il s'agit vraiment d'un jeu de développement où il faut lancer un moteur. J'ai eut l'impression qu'en âge 1 il n'y avait pas vraiment de possibilité d'orientation très différente pour les joueurs, et qu'un joueur qui a pris de l'avance sera très avantagé par la suite. 

La règle indique que l'on peut jouer un seulement une ou deux ères, mais ça m'a un peu donner l'impression d'une demie partie.

Globalement, j'ai envie d'en faire une partie complète prochainement !
C'est probablement un bon jeu de développement à la Rosenberg, mais ça ne me paraît pas être la perle du siècle avce un effet boule de neige peut-être trop prononcé (peut-être moins le cas sur une partie complète ?). La durée de la partie, le temps d'installation et de rangement et l'absence de thème font qu'il ne sera pas facile à sortir.

Impressions à confirmer, bien sur !

mardi 22 novembre 2016

Miss Peregrine home for Peculiar Children de Ransom Riggs




Descriptif éditeur :




Une histoire merveilleusement étrange, émouvante et palpitante.
Un roman fantastique qui fait réfléchir sur le nazisme, la persécution des juifs, l'enfermement et l'immortalité.

Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé un partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l'avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d'un orphelinat pour enfants "particuliers". Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d'enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des "Monstres".

Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s'enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l'île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n'a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s'ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela paraisse...


La fiche du livre sur Babelio


Ma critique :



J'avais adoré la BD de Miss Pérégrine - acheté parce que le jour où je voulais lire le roman la libraire ne l'avait pas. J'attendais donc depuis un bon moment de lire le roman, chaque fois indisponible quand j'y pensais à la bibli. J'ai fini par craquer (encourager par les affiches du film vues un peu partout) sur la version VO, en testant au passage la lecture sur téléphone - via Google Play Livre.

J'ai été déçue par ce roman. Il faut dire que j'en attendais beaucoup, j'avais en particulier trouvé l'ambiance de la BD très réussi.

C'est assez long à démarrer, mais d'après moi pour le mieux : les premiers chapitres d'un ado "ordinaire" plein d'ironie, la dépression et l'introspection décrite avec justesse et légèreté. Globalement, j'ai trouvé le ton de ces chapitres très juste et drôle. 

Malheureusement, je trouve que ce côté rafraîchissant se perd quand on passe au fantastique, le ton devient alors plus commun, les personnages aussi, malgré leur pouvoir extraordinaires et bien exploités. J'ai ressenti le même côté faux et un peu superficiel que dans beaucoup de la littérature jeunesse à pure vocation de divertissement. Les personnages sont mignon, inexplicablement immature, les relations et conflits tout à fait typique de la fiction jeunesse. Le livre se concentre surtout sur le récit et la suite des événements, sans pour autant les rendre très dynamique. J'ai également trouvé un manque de suspens, mais il est vrai que je connaissais déjà l'histoire.

Côté sympa, les pouvoirs sont plutôt variés mais surtout mélangent le très classique à du vraiment original. Certains, notamment l'invisibilité sont très bien exploités avec des scènes bien trouvées et par moment assez drôle. D'autres n'apporte pour le moment pas énormément, et cela concerne malheureusement certains personnages principaux. 

Ma plus grosse déception reste sur les photos. Si elles ont vraiment leur ambiance, j'ai trouvé qu'elles été le plus souvent introduite à l'histoire de manière artificielle, cassant un plus le rythme du récit (déjà pas parfait d'après moi), et surtout dans la deuxième partie du livre (ou le héros se rappelle - plutôt que de voir- la photo au moment pertinent et nous la décrit).

Ça reste plutôt divertissant, mais je m'attendais à mieux et j'ai du coup ressentie d'autant plus intensément les quelques longueurs et éléments communs. Je lirai la suite, oui, mais au format BD qui m'avait tellement convaincue.


Ma note :
2/5

lundi 7 novembre 2016

L'histoire du géant d'Anne Herbauts



Descriptif éditeur :

Que je vous conte l'histoire, l'épopée du Géant !
Si vous voulez l'entendre, ce que l'on dit de lui, ce qui parvint des halliers.
Elle est si vraie, l'histoire du Géant Tombé, que la forêt garde encore dans ses troncs et ses branches la plainte-mélopée.
Qui sait l'entendre, cette parabole du Colosse éconduit, a connu l'amour et le chagrin. A dansé par-dessus les feux une nuit de Saint-Jean, a pleuré des larmes de plaisir, d'allégresse, de détresse. A mordu le suc sucré et amer des amants.
Mais que je vous conte l'histoire, plutôt !
Elle est fort belle. Ecoutez donc ! Oyez ! L'épopée du Géant... D'emblée le ton est donné, il s'agit bien d'une épopée à la langue riche et soignée qui emmène les petits et les grands au fond de la forêt à la recherche d'un être gigantesque.
Tout le monde en parle, tout le monde sait qu'il est là, mais personne ne l'a jamais vraiment vu...
Asseyez-vous, écoutez, laissez-vous bercer par le rythme des mots et entrez dans cette forêt-personnage qui enveloppe tout. Le texte d'Anne Herbauts coule comme une plainte et ses peintures à l'huile envahissent les pages. Le livre progresse du noir au doré et le conte, à la fois poétique, lumineux et grandiose, nous dit qu'il est possible de tomber d'amour et de se relever dans la lumière, plus grand, peut-être, heureux, sûrement.

La fiche du livre sur Babelio et sur le site de l'éditeur (esperluète).

Contexte :

J'ai reçu ce livre pour l'opération Masse Critique jeunesse, merci à Babelio et aux éditions esperluète ! Ce n'est peut-être pas un coup de cœur mais je suis contente d'avoir pu le découvrir.

Ma critique :

C'est un album étrange.
Le rythme est assez prenant, nous guide au travers d'un cycle de vie. Les illustrations - souvent à la limites de l'abstraits participe à l'univers poétique "informe" qui décrit presque uniquement une ambiance.

Car l'histoire est à peine ébauchée. Si j'ai bien compris - ce dont je ne suis pas sûre - elle est finalement très simple. Du coup j'ai trouvé le titre et le résumé trompeur.

Côté style je n'ai pas vraiment adhérer. On est dans la débauche de vocabulaire et de tournures alambiquées. Par moment - surtout au début - j'ai trouvé ça assez gratuitement grandiloquent et vantard, trop riche et pas toujours de manière si pertinente. Çà se calme ensuite, même si le tout me laisse une impression globale de m'as-tu-vu, j'ai parfois eu l'impression que l'auteur cherchait à étalé son érudition et son génie plutôt qu'à réaliser une oeuvre lisible et belle. C'est un peu dommage parce que le rythme derrière tout ça est bon, comme l'ambiance, mais j'ai eu l'impression de devoir me battre contre le verbe.

Contrairement à ce que je croyais, je n'ai pas du tout eu l'impression de lire un livre jeunesse. Il est effectivement difficilement abordable, plutôt lourd, et demande beaucoup de vocabulaire. C'est plutôt une longue poésie un peu romancée et illustrée.

Côté thème, on est dans la forêt la vie rurale d'antan, la vie, la mort, les arbres, l'élan de la vie tantôt flamboyante tantôt assourdie.

En bref, le ton étrange et envoûtante crée avec les illustrations une ambiance prenante, l'histoire n'existe que par ébauche, le style est assez surchargé et à mon goût indigeste.




lundi 10 octobre 2016

La montagne rouge d'Olivier Truc


Descriptif éditeur :

Une pluie continue épuise les hommes et les bêtes.
Alors que les éleveurs du clan Balva procèdent à l’abattage annuel des rennes, des ossements humains sont retrouvés dans l’enclos, au pied de la Montagne rouge.
Or, le clan est opposé à un groupement de forestiers et de fermiers dans un procès exceptionnel à la Cour suprême de Stockholm. L’enjeu – le droit à la terre – est déterminant pour tous les éleveurs de rennes du pays : qui était là le premier ?

La patrouille P9 de la police des rennes est chargée de l’affaire, mais l’identification du squelette, en l’absence de crâne, est difficile. Klemet et Nina commencent une enquête auprès des musées et des institutions, et découvrent un XIXe siècle collectionneur de types humains et un XXe siècle porté sur les idéologies purificatrices, perdus dans les tréfonds nauséabonds de l’histoire suédoise. Ils se heurtent à l’inertie, à la défiance voire à l’hostilité de l’administration. Ils découvrent aussi une mystérieuse vague de disparition d’ossements et de vestiges sami, autant de preuves potentielles de la présence originelle des Sami.

Klemet, plus que jamais empêtré dans sa double identité lapone, et Nina, qui le supporte de moins en moins, croisent des personnages souvent ambigus. Des archéologues aux agendas obscurs qui s’affrontent. Petrus, le chef sami, écartelé entre son devoir, son fils et la poursuite des rêves de son père dans les paysages grandioses et désolés des forêts primaires du fin fond de la Laponie. Bertil l’antiquaire au passé politique douteux, et Justina l’octogénaire aux étranges talents de conductrice d’engins et son groupe d’adeptes de la marche nordique et du bilbingo. Sans oublier une masseuse thaïlandaise…

Ce troisième tome des aventures de la police des rennes est passionnant et troublant, ses héros sont complexes et attachants, le talent de conteur d’histoires d’Olivier Truc se déploie entre suspense, émotion et humour, et prouve une fois de plus que les 22 jurys de lecteurs qui lui ont à ce jour décerné leurs prix ne se sont pas trompés.



Mon contexte :

Je découvre Olivier Truc avec ce roman, grâce à une opération avec rencontre de l'auteur organisée par Babelio et les éditions Métailié, merci à eux ! Et en prime on a même eu un beau marque-page aux couleurs de l'éditeur.


Ma critique :

Il s'agit d'un roman qui se passe en Laponie (ou Sampi), en Suède, autour des tensions entre éleveurs de rennes et paysans, issus de deux ethnies différentes. L'auteur adopte un point de vue policier, avec des enquêteurs de la police des rennes et des mystères, mais l'ambiance ne tient clairement pas que du polar.


L'anthropologie (et l'anthropomorphisme) et ses méthodes - actuelles et passées est le thème au centre de ce roman. Beaucoup de questions éthiques sont soulevées. C'est un thème complexe et rarement abordé et traité ici avec finesse, il me semble. J'ai découvert plein de choses, et le livre permet de se créer une opinion - à étayer par d'autres sources ! - sur le sujet.


Les enjeux sont assez globaux, une question de droits aux terres d'une ethnie en fonction de leur ancienneté dans la région, donc pas forcément aussi haletant que dans des thrillers plus classiques. Si le rythme n'est pas toujours effréné, une alternance des points de vue et des éléments personnels - contenant également leur part de mystère - permettent de ne pas s'ennuyer. Les personnages sont variés et pour certains très originaux (je pense notamment au "couple" de vieux) par rapport à ce que je peux lire d'habitude.


On est pas perdu en lisant ce tome sans avoir lu les précédents, même si on sent des références à des éléments passé, et que l'on ne comprends pas forcément tout l'impact dramatique des scènes relevant de la vie personnelle des deux personnages principaux.


L'écriture est fluide et agréable, le paysage, présent sans plus au début, se fait plus important en fin de roman. Contrairement à ce que l'on pourrait croire après les premières pages, c'est très peu gore. On relate par contre des réalité difficiles, plus quotidiennes que des crimes sanglants.


J'ai globalement aimé La montagne rouge, et j'ai maintenant terriblement envie de découvrir les premiers tomes de la série ! Son thème original est sa grande force, sa petite faiblesse serait peut-être un léger manque de suspens en milieu de roman, pour du polar.


Ma note : 4/5