La liste de toutes mes critiques
Quelques billets différents :
Rencontre avec Emily St. John Mandel pour Station Eleven ( 18 septembre 2016)
Pandemic de Matt Leacock et autres coopéatifs dérivés (28 août 2016)
Rencontre avec Marie Neuser pour Prendre Gloria (19 janvier 2016)
Week-end jeux (11 novembre 2015)
Spiele 2015, Essen (12 octobre 2015)
Mes débuts en allemand (3 octobre 2015)
lundi 12 décembre 2016
Les enquêtes de Setna, tome 1 : La tombe maudite de Christian Jacq
Descriptif :
Setna est un prince, le fils de Ramsès II. Scribe aux vastes connaissances, c'est un brillant magicien, capable de lutter contre les forces du Mal. Alors que Ramsès le Grand vient de gagner la bataille de Nubie, une tragédie se produit : le vase scellé d'Osiris, le plus précieux des trésors, qui contient le secret de la vie et de la mort, a disparu. Pour contrer les plans du voleur, Setna s'allie à Sékhet, une séduisante jeune femme aux dons exceptionnels, avec laquelle il noue, envers et contre tous, une idylle passionnée. Ensemble, ils devront résoudre des énigmes mystérieuses et dénoncer les complots les plus inattendus. Leur amour et leurs savoirs seront-ils assez puissants pour combattre la malédiction ? Amour, faux-semblants et conspirations ; le premier volet d'une intrigue au cœur de l'Égypte ancienne.
La fiche du livre sur Babelio
Ma critique :
C'est le premier livre de Christian Jacq que je lis et je ne m'attendais pas tout à fait à ça !
Le ton m'a beaucoup fait pensé aux romans jeunesse, je suis même un peu surprise qu'il ne soit pas classé en temps que tel. C'est très facile à lire, rapide et très découpé. Les chapitres sont courts, les idées sont introduites très rapidement, il n'y a pas de longueur. Les personnages sont très manichéens, les héros semblent sans défaut, l'histoire d'amour se base sur un coup de foudre entre eux qui changent d'un coup leurs destinées (ou presque). Ils se verront accompagner de fidèles animaux comme le chien qui reconnaît d'instinct les gentils des méchants. Il y a des éléments fantastiques magiques assez centraux, et pas juste de l'ordre des rites et superstitions.
Ça peu sembler un peu bébête, mais c'est divertissant plutôt. On découvre ainsi des facettes de l'Egypte antique de manière assez ludique sans aller chercher très loin. Il y a suffisamment d'éléments d'intrigue, culturel ou fantastiques pour éviter longueurs et lourdeur. Ça se lit très vite, donc on ne s'attarde pas sur le côté niais qui passe donc sans faire grincer des dents pendant la lecture.
L'intrigue de se premier tome est assez classique. On peut d'ailleurs deviner assez rapidement un éléments de dénouement important et c'est dommage.
L'aspect historique est bien rendu, il y a du vocabulaire spécifique bien expliqué dans les notes en quantité bien choisie, on est de suite plongé dans le contexte historique sans s’appesantir sur les différence avec le monde actuel. On rattrape les éléments culturel au fur et à mesure sans avoir l'impression de lire des aparté de manuel d'histoire (sauf pour les notes explicatives mais elles sont courtes). Le livre est parsemé de dessin égyptiens en rapport avec l'histoire qui peuvent du coup se permettre des légendes très courtes pour être pertinentes et nous fait ressentir que les éléments évoqués ont bien fait partie de la culture égyptienne.
Ce tome n'est pas indépendant, même si certains éléments trouvent leur réponse (quand même !) l'intrigue principale est loin d'être terminée.
Un lecture plaisant qui raconte très bien une partie de la culture d'Egypte antique. L'intrigue et les personnages au style roman jeunesse ne sont pas bien profonds, mais tout glisse facilement et ça se lit vite. Je lirai probablement la suite un jour.
Ma note : 3/5
jeudi 8 décembre 2016
Tash Kalar de Vlaada Chvátil
Descriptif éditeur :
Depuis la nuit des temps, l'arène de Tash-Kalar est le lieu d'affrontement des plus grands mages de l'univers.
Vous êtes l'un de ces invocateurs aux pouvoirs quasi divins. Réussirez-vous à imposer votre suprématie sur l'arène ?
Tash-Kalar - l'Arène des Légendes est le nouveau jeu de tactique et de stratégie de Vlaada Chvátil (Dungeon Lords, Space Alert, Galaxy Trucker!), dans lequel vous invoquerez de puissantes créatures pour écraser vos adversaires lors d'un combat épique. Choisissez votre faction et lancez-vous dans la bataille : contrôlez la puissance mystique des Sylvains, relâchez la furie destructrice des Highlanders et maitrisez les manoeuvres incisives des Impériaux. Préparez vos plans, renforcez vos positions puis déchainez toute votre puissance en invoquant une immense créature légendaire pour devenir l'un des maîtres de Tash-Kalar.
Défiez un seul adversaire dans une compétition subtile et technique ou lors d'un brutal match à mort. A plusieurs, battez-vous dans une mêlée sans pitié ou choisissez un allié pour surpassez l'équipe adverse.
Entrez dans la légende de Tash-Kalar !
Ma critique :
Tash Kalar n'est pas un jeu pour moi. La logique de base emprunte aux jeux abstraits de placement (qui ne sont pas des jeux pour moi) - on veut avoir des pions bien placés pour piéger l'autre sur un quadrillage. Sauf que les mouvements, placement ou évolutions possibles dépendant fortement des cartes que l'ont tire. Et que l'on vise de objectifs un peu tordus sur les configurations du jeu.
Mon je n'y comprends rien, je joue au pif ce qui est possible à chaque tour. Mais il est plus que possible de jouer autrement, la preuve : je perds à chaque fois !
Quand on comprends un peu ce qui se passe, on peut miser sur des combos et faire des plans subtils à deux ou trois coups pour pouvoir sortir des pouvoirs puissants grâce à des petits combos de cartes dans le bon sens. Et sur le moyen terme, on peut optimiser sa présence ou ses possibilités pour les objectifs. Enfin, il paraît, moi j'ai pas le niveau.
Il faudra donc avoir une capacité de réflexion sur les jeux abstraits style échecs ou autre pour pouvoir apprécier pleinement ce jeu et ces combos. M. Hum aime beaucoup.
Ma note : 1/5 pour moi, 3 à 4 / 5 pour les qualités du jeu, je suppose
dimanche 4 décembre 2016
Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs et Cassandra Jean (BD)
Descriptif éditeur :
Fils unique, destiné à reprendre la pharmacie de ses parents, ado indolent et sans passion… Jacob mène une vie monotone. Son grand-père lui raconte depuis qu’il est petit des histoires merveilleuses : un orphelinat abrite sur une île mystérieuses des enfants aux talents extraordinaires… Même si Jacob a parfois eu envie d’y croire, il est lucide : le vieil homme n’a plus toute sa tête. Mais un jour, Jacob retrouve Grand-Père dans le jardin, une horrible blessure au ventre…
Événement : la version BD du roman de Ransom Riggs (Bayard jeunesse), dont l’adaptation au cinéma est prévue par Tim Burton en 2016 !
Ma critique :
J'ai trouvé cette BD très chouette !
L'ambiance est bien rendue, notamment avec l'alternance couleurs ou pas. L'histoire (des enfants doués de super-pouvoir dans un pensionnat) n'est pas originale du tout mais fonctionne très bien. Un certain charme opère, la personnalité des personnages est plutôt bien esquissé, le tout très agréable à lire et fluide. Je l'ai dévoré en moins de 2h, et ça m'a mis de bonne humeur pour la journée.
Le dessin est agréable et le style sert bien l'histoire. le photos distillées de temps en temps donne une ambiance très réussie sans surchargé le livre. Graphiquement, j'ai beaucoup aimé ce renvoi photo/dessin sur les mêmes personnages.
Ce n'est ni larmoyant ni joyeux, légèrement mystérieux, assez peu d'actions pendant la majorité de l'histoire. Ça m'a donné envie de lire la suite.
Ma note 4/5
The colonists de Tim Puls - Premières impressions
Descriptif :
The colonists m'a beaucoup fait pensé aux jeux de Rosenberg.
On développe son plateau personnel, dans lequel on construit différents bâtiments qui nous rapport force de travail, ressources et points de victoire. Pour cela on choisit des actions (récupérer des ressources, construire de nouveaux bâtiments, transformer des ressources en points), qui arrivent au fur et à mesure de la partie, sur un plateau centrale. La mécanique est d'ailleurs assez sympa, avec une composante spatiale : les actions sont des hexagones et on doit faire des actions adjacentes à chaque fois (enfin, on peut aussi se rendre directement vers un marché si on veut changer de zone). On peut aller sur des actions occupées par d'autres joueurs mais on devra alors lui payer une taxe.
Une partie se compose de 4 époque, avec des bâtiments et des ouvriers de plus en plus puissants et demandeurs. On peut ne jouer que certaines de ces périodes, pour des parties plus courtes.
Car le jeu est long. Je n'ai pour le moment fait qu'une partie avec les époques 1 et 2 et on a mis plus de 3h (on était pas forcément très rapides non plus). Une partie complète est annoncée d'environ 6h.
Mes impressions :
Après une demie-partie seulement (une partie en 2 ère)
Le thème est malheureusement très faible, je m'attendais à plus. On a par exemple aucune idée de l'époque dans laquelle on joue, et je m'attendais à autre chose en voyant la boite.
La mécanique centrale est sympa et apporte un petit quelque chose de plus à le pose d'ouvrier. C'est par contre un peu casse-tête et du coup les tours peuvent être longs. Il y a une mécanique de gestion des stocks de ressources, avec trois types d’entrepôts à travers lesquels ont peu faire circuler les biens quand un seul est accessible pour utiliser les biens. Les différents types d'ouvriers (3 seulement) de plus en plus demandeurs pour des actions plus avancées semble également sympathique (mais plus pertinent à partir de l'âge 3, je suppose).
Les règles ne sont pas très complexes, il y a par contre beaucoup d'actions différentes et plein de tuiles à trier partout. C'est un peu fouillis et peut-être un peu gratuitement.
Il s'agit vraiment d'un jeu de développement où il faut lancer un moteur. J'ai eut l'impression qu'en âge 1 il n'y avait pas vraiment de possibilité d'orientation très différente pour les joueurs, et qu'un joueur qui a pris de l'avance sera très avantagé par la suite.
La règle indique que l'on peut jouer un seulement une ou deux ères, mais ça m'a un peu donner l'impression d'une demie partie.
Globalement, j'ai envie d'en faire une partie complète prochainement !
C'est probablement un bon jeu de développement à la Rosenberg, mais ça ne me paraît pas être la perle du siècle avce un effet boule de neige peut-être trop prononcé (peut-être moins le cas sur une partie complète ?). La durée de la partie, le temps d'installation et de rangement et l'absence de thème font qu'il ne sera pas facile à sortir.
Impressions à confirmer, bien sur !
mardi 22 novembre 2016
Miss Peregrine home for Peculiar Children de Ransom Riggs
Descriptif éditeur :
Une histoire merveilleusement étrange, émouvante et palpitante.
Un roman fantastique qui fait réfléchir sur le nazisme, la persécution des juifs, l'enfermement et l'immortalité.
Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé un partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l'avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d'un orphelinat pour enfants "particuliers". Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d'enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des "Monstres".
Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s'enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l'île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n'a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s'ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela paraisse...
La fiche du livre sur Babelio
Ma critique :
J'avais adoré la BD de Miss Pérégrine - acheté parce que le jour où je voulais lire le roman la libraire ne l'avait pas. J'attendais donc depuis un bon moment de lire le roman, chaque fois indisponible quand j'y pensais à la bibli. J'ai fini par craquer (encourager par les affiches du film vues un peu partout) sur la version VO, en testant au passage la lecture sur téléphone - via Google Play Livre.
J'ai été déçue par ce roman. Il faut dire que j'en attendais beaucoup, j'avais en particulier trouvé l'ambiance de la BD très réussi.
C'est assez long à démarrer, mais d'après moi pour le mieux : les premiers chapitres d'un ado "ordinaire" plein d'ironie, la dépression et l'introspection décrite avec justesse et légèreté. Globalement, j'ai trouvé le ton de ces chapitres très juste et drôle.
Malheureusement, je trouve que ce côté rafraîchissant se perd quand on passe au fantastique, le ton devient alors plus commun, les personnages aussi, malgré leur pouvoir extraordinaires et bien exploités. J'ai ressenti le même côté faux et un peu superficiel que dans beaucoup de la littérature jeunesse à pure vocation de divertissement. Les personnages sont mignon, inexplicablement immature, les relations et conflits tout à fait typique de la fiction jeunesse. Le livre se concentre surtout sur le récit et la suite des événements, sans pour autant les rendre très dynamique. J'ai également trouvé un manque de suspens, mais il est vrai que je connaissais déjà l'histoire.
Côté sympa, les pouvoirs sont plutôt variés mais surtout mélangent le très classique à du vraiment original. Certains, notamment l'invisibilité sont très bien exploités avec des scènes bien trouvées et par moment assez drôle. D'autres n'apporte pour le moment pas énormément, et cela concerne malheureusement certains personnages principaux.
Ma plus grosse déception reste sur les photos. Si elles ont vraiment leur ambiance, j'ai trouvé qu'elles été le plus souvent introduite à l'histoire de manière artificielle, cassant un plus le rythme du récit (déjà pas parfait d'après moi), et surtout dans la deuxième partie du livre (ou le héros se rappelle - plutôt que de voir- la photo au moment pertinent et nous la décrit).
Ça reste plutôt divertissant, mais je m'attendais à mieux et j'ai du coup ressentie d'autant plus intensément les quelques longueurs et éléments communs. Je lirai la suite, oui, mais au format BD qui m'avait tellement convaincue.
Ma note : 2/5
Ma note : 2/5
lundi 7 novembre 2016
L'histoire du géant d'Anne Herbauts
Descriptif éditeur :
Que je vous conte l'histoire, l'épopée du Géant !
Si vous voulez l'entendre, ce que l'on dit de lui, ce qui parvint des halliers.
Elle est si vraie, l'histoire du Géant Tombé, que la forêt garde encore dans ses troncs et ses branches la plainte-mélopée.
Qui sait l'entendre, cette parabole du Colosse éconduit, a connu l'amour et le chagrin. A dansé par-dessus les feux une nuit de Saint-Jean, a pleuré des larmes de plaisir, d'allégresse, de détresse. A mordu le suc sucré et amer des amants.
Mais que je vous conte l'histoire, plutôt !
Elle est fort belle. Ecoutez donc ! Oyez ! L'épopée du Géant... D'emblée le ton est donné, il s'agit bien d'une épopée à la langue riche et soignée qui emmène les petits et les grands au fond de la forêt à la recherche d'un être gigantesque.
Tout le monde en parle, tout le monde sait qu'il est là, mais personne ne l'a jamais vraiment vu...
Asseyez-vous, écoutez, laissez-vous bercer par le rythme des mots et entrez dans cette forêt-personnage qui enveloppe tout. Le texte d'Anne Herbauts coule comme une plainte et ses peintures à l'huile envahissent les pages. Le livre progresse du noir au doré et le conte, à la fois poétique, lumineux et grandiose, nous dit qu'il est possible de tomber d'amour et de se relever dans la lumière, plus grand, peut-être, heureux, sûrement.
La fiche du livre sur Babelio et sur le site de l'éditeur (esperluète).
Contexte :
J'ai reçu ce livre pour l'opération Masse Critique jeunesse, merci à Babelio et aux éditions esperluète ! Ce n'est peut-être pas un coup de cœur mais je suis contente d'avoir pu le découvrir.
Ma critique :
C'est un album étrange.
Le rythme est assez prenant, nous guide au travers d'un cycle de vie. Les illustrations - souvent à la limites de l'abstraits participe à l'univers poétique "informe" qui décrit presque uniquement une ambiance.
Car l'histoire est à peine ébauchée. Si j'ai bien compris - ce dont je ne suis pas sûre - elle est finalement très simple. Du coup j'ai trouvé le titre et le résumé trompeur.
Côté style je n'ai pas vraiment adhérer. On est dans la débauche de vocabulaire et de tournures alambiquées. Par moment - surtout au début - j'ai trouvé ça assez gratuitement grandiloquent et vantard, trop riche et pas toujours de manière si pertinente. Çà se calme ensuite, même si le tout me laisse une impression globale de m'as-tu-vu, j'ai parfois eu l'impression que l'auteur cherchait à étalé son érudition et son génie plutôt qu'à réaliser une oeuvre lisible et belle. C'est un peu dommage parce que le rythme derrière tout ça est bon, comme l'ambiance, mais j'ai eu l'impression de devoir me battre contre le verbe.
Contrairement à ce que je croyais, je n'ai pas du tout eu l'impression de lire un livre jeunesse. Il est effectivement difficilement abordable, plutôt lourd, et demande beaucoup de vocabulaire. C'est plutôt une longue poésie un peu romancée et illustrée.
Côté thème, on est dans la forêt la vie rurale d'antan, la vie, la mort, les arbres, l'élan de la vie tantôt flamboyante tantôt assourdie.
En bref, le ton étrange et envoûtante crée avec les illustrations une ambiance prenante, l'histoire n'existe que par ébauche, le style est assez surchargé et à mon goût indigeste.
lundi 10 octobre 2016
La montagne rouge d'Olivier Truc
Descriptif éditeur :
Une pluie continue épuise les hommes et les bêtes.
Alors que les éleveurs du clan Balva procèdent à l’abattage annuel des rennes, des ossements humains sont retrouvés dans l’enclos, au pied de la Montagne rouge.
Or, le clan est opposé à un groupement de forestiers et de fermiers dans un procès exceptionnel à la Cour suprême de Stockholm. L’enjeu – le droit à la terre – est déterminant pour tous les éleveurs de rennes du pays : qui était là le premier ?
La patrouille P9 de la police des rennes est chargée de l’affaire, mais l’identification du squelette, en l’absence de crâne, est difficile. Klemet et Nina commencent une enquête auprès des musées et des institutions, et découvrent un XIXe siècle collectionneur de types humains et un XXe siècle porté sur les idéologies purificatrices, perdus dans les tréfonds nauséabonds de l’histoire suédoise. Ils se heurtent à l’inertie, à la défiance voire à l’hostilité de l’administration. Ils découvrent aussi une mystérieuse vague de disparition d’ossements et de vestiges sami, autant de preuves potentielles de la présence originelle des Sami.
Klemet, plus que jamais empêtré dans sa double identité lapone, et Nina, qui le supporte de moins en moins, croisent des personnages souvent ambigus. Des archéologues aux agendas obscurs qui s’affrontent. Petrus, le chef sami, écartelé entre son devoir, son fils et la poursuite des rêves de son père dans les paysages grandioses et désolés des forêts primaires du fin fond de la Laponie. Bertil l’antiquaire au passé politique douteux, et Justina l’octogénaire aux étranges talents de conductrice d’engins et son groupe d’adeptes de la marche nordique et du bilbingo. Sans oublier une masseuse thaïlandaise…
Ce troisième tome des aventures de la police des rennes est passionnant et troublant, ses héros sont complexes et attachants, le talent de conteur d’histoires d’Olivier Truc se déploie entre suspense, émotion et humour, et prouve une fois de plus que les 22 jurys de lecteurs qui lui ont à ce jour décerné leurs prix ne se sont pas trompés.
Mon contexte :
Je découvre Olivier Truc avec ce roman, grâce à une opération avec rencontre de l'auteur organisée par Babelio et les éditions Métailié, merci à eux ! Et en prime on a même eu un beau marque-page aux couleurs de l'éditeur.
Ma critique :
Il s'agit d'un roman qui se passe en Laponie (ou Sampi), en Suède, autour des tensions entre éleveurs de rennes et paysans, issus de deux ethnies différentes. L'auteur adopte un point de vue policier, avec des enquêteurs de la police des rennes et des mystères, mais l'ambiance ne tient clairement pas que du polar.
L'anthropologie (et l'anthropomorphisme) et ses méthodes - actuelles et passées est le thème au centre de ce roman. Beaucoup de questions éthiques sont soulevées. C'est un thème complexe et rarement abordé et traité ici avec finesse, il me semble. J'ai découvert plein de choses, et le livre permet de se créer une opinion - à étayer par d'autres sources ! - sur le sujet.
Les enjeux sont assez globaux, une question de droits aux terres d'une ethnie en fonction de leur ancienneté dans la région, donc pas forcément aussi haletant que dans des thrillers plus classiques. Si le rythme n'est pas toujours effréné, une alternance des points de vue et des éléments personnels - contenant également leur part de mystère - permettent de ne pas s'ennuyer. Les personnages sont variés et pour certains très originaux (je pense notamment au "couple" de vieux) par rapport à ce que je peux lire d'habitude.
On est pas perdu en lisant ce tome sans avoir lu les précédents, même si on sent des références à des éléments passé, et que l'on ne comprends pas forcément tout l'impact dramatique des scènes relevant de la vie personnelle des deux personnages principaux.
L'écriture est fluide et agréable, le paysage, présent sans plus au début, se fait plus important en fin de roman. Contrairement à ce que l'on pourrait croire après les premières pages, c'est très peu gore. On relate par contre des réalité difficiles, plus quotidiennes que des crimes sanglants.
J'ai globalement aimé La montagne rouge, et j'ai maintenant terriblement envie de découvrir les premiers tomes de la série ! Son thème original est sa grande force, sa petite faiblesse serait peut-être un léger manque de suspens en milieu de roman, pour du polar.
Ma note : 4/5
dimanche 9 octobre 2016
Une forêt obscure de Fabio M. Mitchelli
Descriptif éditeur :
Lorsqu'en mai 2010 le corps d'une adolescente de Juneau, en Alaska, est retrouvé aux abords de la légendaire forêt de Tongass, le capitaine de police Jake Nelson ne peut imaginer qu'il s'agit de celui de sa fille.
Deux ans plus tard, à Montréal, Luka Ricci torture des animaux et diffuse les images sur le Web. Porté par sa folie, il franchit alors une étape et assassine son amant à coups de pic à glace. Louise Beaulieu, une jeune enquêtrice borderline accro au poker, est en charge de l'affaire. Mais elle est loin de se douter qu'elle va devenir le pion d'un jeu d'échecs, manipulé par le tueur en série Daniel Singleton du fond de sa cellule.
En parallèle, à Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc, comme pétrifiées, au bord de la route qui longe la forêt de Tongass. Sous les ordres de Jake Nelson, le lieutenant Carrie Callan prend en main le dossier et va très vite réaliser que certains secrets doivent rester enfouis à jamais. Les deux affaires finiront par se rejoindre, menant Louise et Carrie sur une seule et même piste : une terrifiante affaire de mœurs avec prostitution, pédophilie, tortures et séquestrations.
Un thriller psychologique choral, librement inspiré de l'escalade criminelle du tristement célèbre Luka Rocco Magnotta et du meurtre prémédité qu'il a commis en 2012, sur la personne de Lin Jun, un jeune étudiant chinois installé à Montréal, ainsi que des crimes effroyables du tueur en série Robert Christian Hansen qui a violé et assassiné dix-sept femmes dans les environs d'Anchorage, entre 1971 et 1983.
Fiche du livre sur Babelio et sur le site de l'éditeur Robert Laffont
Ma critique :
Ce thriller multi-facettes me laisse un peu circonspecte.
Le début est assez gore, et présente une multitude de crimes et de personnages, chacun ayant sans propre grand traumatisme : absolument tous les personnages, ou plusieurs membres de leur familles, ont été violé, assassinés, voient leurs enfants mourir ou sont hantés par leur passé. Ça donne le ton, dans l'over-the-top le plus total, pour un concours du roman le plus sombre.
J'ai faillit décrocher après une cinquantaine de pages, pas loin de me trouvée submergée par tout ça. Mais juste à ce moment, le récit évolue vers quelque chose de plus construit, qui ne cherche plus autant à pousser les choses à l'extrême au détriment de l'intrigue. Même si ça reste le roman reste grandiloquent on a ensuite moins l'impression d'une surenchère gratuite.
J'ai également craint vers le début que l'on tourne un peu en rond dans la suite du récit parce que beaucoup d'éléments se résolvent rapidement mais en fait il y a d'autres rebondissements et arcs qui se créent. Le roman est globalement très dynamique.
Les enquêtes sont plutôt originales. J'ai adoré le moment ou différentes personnes ont pile l'élément qu'il manque à l'autre sans savoir qu'il serait pertinent de leur dire ça. C'est un super concept, j'ai d'ailleurs été un peu déçue qu'il se dénoue un peu facilement.
La parole est donnée aux criminels, qui arrivent à être délicieusement glaçant. J'ai bien aimé le parlé très québécois d'une des enquêtrices.
Je trouve qu'il y a des petits trous côté cohérence : je me suis un peu demandé ce qu'allait faire la québécoise en Alaska, pourquoi elle y garde les mêmes expressions alors qu'on imagine qu'il s'agit d'une transcription de l'anglais, comment un lien aussi ténu entre différentes affaires permettent de porter les soupçons sur les bonnes personnes. Et je ne suis pas certaine d'avoir bien compris l'épilogue.
J'ai tout de même passé un bon moment, c'est accrocheur et plein de rebondissement, on s'attache aux personnages et on frissonne bien.
Merci à Babelio et à l'éditeur pour m'avoir offert ce livre, et encore mieux me permettre de participer à la rencontre avec l'auteur !
Ma note : 3/5
mercredi 5 octobre 2016
L'histoire vraie des grandes photos de David Groison et Pierangélique Schouler
Ma critique :
Un petit livre très agréable à lire par petite touches.
De vielles photos très connues, de différents style, avec un petit paragraphe sur ce qu'on en sait en général avant d'en expliquer d'avantage le contexte et la prise.
C'est globalement intéressant et varié, facile à lire sans être trop plat. Et le format est idéal pour le petit coin. Ce n'est cependant pas un ouvrage extraordinaire qui me marquera à tout jamais, mais pas mal pour effleurer découvrir le sujet.
Ma note : 4/5
La fiche du livre sur Babelio
Tome 2 : L'histoire vraie des grandes photos depuis 1965
Ma critique :
Après avoir apprécié le premier tome, j'ai été déçue par celui-ci.Le principe est le même, ça reste facile à parcourir dans un format qui se prête à grappiller par petits bouts.
Mais ici les photos choisies sont moins variés, quelques fois moins connues, et le côté technique photographiques beaucoup plus plat. le style m'a également semble plus lassant.
Beaucoup de photos concernant les actualités. Dans plusieurs cas, j'ai eu l'impression que c'était une photo parmi d'autre autour d'un événement, ce qui est très dommage pour un livre comme celui-ci.
Mais ici les photos choisies sont moins variés, quelques fois moins connues, et le côté technique photographiques beaucoup plus plat. le style m'a également semble plus lassant.
Beaucoup de photos concernant les actualités. Dans plusieurs cas, j'ai eu l'impression que c'était une photo parmi d'autre autour d'un événement, ce qui est très dommage pour un livre comme celui-ci.
Ma note : 2/5
Le mystère Henri Pick de David Foenkinos
Descriptif éditeur :
En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination? Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs.
La fiche du livre sur le site de l'éditeur (Gallimard) et sur Babelio
Ma critique :
C'est facile et rapide à lire, accrocheur et léger. J'ai aimé le ton humoristique sans lourdeur, avec des aparté inutiles qui ajoute à l'ambiance conversation.
Le début du roman brosse pleins de portraits de personnes et de vie, très rapidement. C'est original et parlant, j'ai beaucoup aimé.
J'ai un peu moins aimé quand on part dans l'intrigue, qui tient la route sans être spécialement palpitante.
Il y a plein de référence à l'actualité littéraire, comme une multitude de clins d’œil sympas. Sans suivre un peu les sorties de ces dernières années, je pense que le livre perd de son intérêt (ce qui le rend aussi démodable). Heureusement ce n'est pas mon cas !
Et puis, surtout, avec une sœur éditrice vivant à Montmartre et des parents à Crozon, j'étais obligée d'aimer.
Un livre très distrayant, qui m'a mit de bonne humeur pour la semaine avec sa légèreté !
Ma note : 4/5
jeudi 29 septembre 2016
Caylus de William Attia
Descriptif éditeur :
Dans ce jeu de William Attia, les joueurs incarnent des maîtres d’oeuvre dont la mission est de construire un nouveau château pour le roi Philippe le Bel. Pour cela, ils devront gérer au mieux leurs deniers, les ressources disponibles et surtout développer l’économie du petit village qui s’étend au pied du site. Bien entendu, les agents royaux – le bailli et le prévôt – veillent au grain sur l’avancement des travaux !
2-5 joueurs
12 ans et plus
60-120 minutes
Ma critique :
Caylus est un de mes jeux préféré ! C'est un jeu de gestion tendu, à base de "pose d'ouvrier" : on a différents bâtiments sur lesquels, chacun notre tour, on peut poser un de nos ouvriers disponible pour bénéficier de son action. Une fois qu'un bâtiment a été choisi par quelqu'un plus personne de peut faire son action jusqu'au prochain tour.
Ici, il y a en sus un côté programmation, puisque l'on effectue pas immédiatement les actions, mais plus tard, une fois tous les ouvriers posés (ou non, si les joueurs souhaitent passer avant), dans l'ordre imposé par la route.
Le jeu est tendu - il nous faut des sous, des ressources, de l'argent, construire au château et dans la ville... et bien sûr il nous manque toujours quelque chose. Il est également très compétitif : on ne peut pas jouer dans son coin, il faut faire attention à ce que les adversaire veulent pour leur piquer les actions sous le nez ou les chatouiller sur les majorité au château. Les bâtiments mis à disposition l'étant pour tous, là aussi on regarde ce qui peut intéresser les autres (dans les deux sens, puisque l'on gagne à ce que les autres viennent chez nous). Le système du bailli (ou prévot, je sais jamais lequel est lequel), fait que seuls les premiers bâtiments de la route seront activé, de plsu en plsu loin à chaque tour de jeu, mais les joueurs peuvent influencer - moyennant finances - jusqu'à où.
Des fois dans tous les sens, de l'interaction, un peu agressif, très bon à deux aussi, des règles pas si complexes pour un vrai gros jeu, un thème pas si fort mais qui tient largement la route, un matériel que je trouve clair et agréable (en tout cas dans ma toute vielle version), de la frustration, du court et moyen terme, et même un peu de long terme : bref, du tout bon. Et je persiste, il vieillit bien, pas besoin d'aller chercher un jeu plus récent qui feraient pareil en mieux*.
*Ok, il y a pas mal de jeux plus récents dans des styles similaires qui font pas forcément moins bien. Mais clairement pas de quoi rendre Caylus obsolète, votre préféré (s'il faut en définir un) dépendra de votre goût.
Ma note : 5/5
La marche de l’Homme de Brigitte Costa-Léardée
Descriptif éditeur :
Il était une fois, l’Homme…
Histoire du premier pas de l’homme ou de la femme
qui s’est levé(e) et a marché pour la première fois de l’humanité.
Conte de la création à l’état naissant sous la plume harmonieuse
de Brigitte Costa-Léardée – la Paroleuse – qui invite à poursuivre l’aventure.
Histoire de la vie qui suit son chemin obstinément, silencieusement,
en gardant la trace de nos pas.
Y souffle un chant tellurique et solaire qui transmet
la force de rester debout et de continuer à marcher… Ensemble.
En écho, y résonne une des sources d’inspiration de la conteuse :
l’âme et le rythme de la biguine et de la flûte des Mornes
de La Martinique.
La fiche du livre sur Babelio, et sur le site de l'éditeur : La Cheminante
Ma critique :
La marche de l'homme est une sorte de long poème contenant un récit (aux contour flou, sans intrigue, multi-facettes) et plusieurs voix. On tourne autour du thème de l'évolution.
J'ai beaucoup aimé ! L'ambiance est particulière, la voix nous parle comme si elle se souvenait de toute ses vies depuis l'apparition de celle-ci sur terre. C'est étrange et beau. Les sensations, intérêts et styles évoluent, comme la vie qu'ils décrivent.
J'ai un peu moins aimé quelques court passages vers la fin. C'est court (une cinquante de pages très aéré). Je l'ai lu très vite, avant de le relire plus lentement pour pouvoir en profiter.
C'est une forme littéraire dont je n'ai pas du tout l'habitude, et ce livre a su me séduire. Ce n'est pas trop dur d'accès. J'ai apprécié les variations du texte. Des effets de mise en page viennent renforcer l'ambiance changeante.
Merci à Babelio et aux éditions la cheminante, qui m'ont permis de gagner ce livre pour Masse Critique !
Ma note : 4/5
La marche de l’Homme de Brigitte Costa-Léardée
Descriptif éditeur :
Il était une fois, l’Homme…
Histoire du premier pas de l’homme ou de la femme
qui s’est levé(e) et a marché pour la première fois de l’humanité.
Conte de la création à l’état naissant sous la plume harmonieuse
de Brigitte Costa-Léardée – la Paroleuse – qui invite à poursuivre l’aventure.
Histoire de la vie qui suit son chemin obstinément, silencieusement,
en gardant la trace de nos pas.
Y souffle un chant tellurique et solaire qui transmet
la force de rester debout et de continuer à marcher… Ensemble.
En écho, y résonne une des sources d’inspiration de la conteuse :
l’âme et le rythme de la biguine et de la flûte des Mornes
de La Martinique.
La fiche du livre sur Babelio, et sur le site de l'éditeur : La Cheminante
Ma critique :
La marche de l'homme est une sorte de long poème contenant un récit (aux contour flou, sans intrigue, multi-facettes) et plusieurs voix. On tourne autour du thème de l'évolution.
J'ai beaucoup aimé ! L'ambiance est particulière, la voix nous parle comme si elle se souvenait de toute ses vies depuis l'apparition de celle-ci sur terre. C'est étrange et beau. Les sensations, intérêts et styles évoluent, comme la vie qu'ils décrivent.
J'ai un peu moins aimé quelques court passages vers la fin. C'est court (une cinquante de pages très aéré). Je l'ai lu très vite, avant de le relire plus lentement pour pouvoir en profiter.
C'est une forme littéraire dont je n'ai pas du tout l'habitude, et ce livre a su me séduire. Ce n'est pas trop dur d'accès. J'ai apprécié les variations du texte. Des effets de mise en page viennent renforcer l'ambiance changeante.
Merci à Babelio et aux éditions la cheminante, qui m'ont permis de gagner ce livre pour Masse Critique !
Ma note : 4/5
dimanche 25 septembre 2016
La vengeance des mères de Jim Fergus
Descriptif éditeur :
1875. Dans le but de favoriser l’intégration, un chef cheyenne, Little Wolf, propose au président Grant d’échanger mille chevaux contre mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers. Grant accepte et envoie dans les contrées reculées du Nebraska les premières femmes, pour la plupart « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays. En dépit de tous les traités, la tribu de Little Wolf ne tarde pas à être exterminée par l’armée américaine, et quelques femmes blanches seulement échappent à ce massacre.
Parmi elles, deux sœurs, Margaret et Susan Kelly, qui, traumatisées par la perte de leurs enfants et par le comportement sanguinaire de l’armée, refusent de rejoindre la « civilisation ». Après avoir trouvé refuge dans la tribu de Sitting Bull, elles vont prendre le parti du peuple indien et se lancer, avec quelques prisonnières des Sioux, dans une lutte désespérée pour leur survie.
Avec cette aventure passionnante d’un petit groupe de femmes prises au milieu des guerres indiennes, Jim Fergus nous donne enfin la suite de Mille femmes blanches. Le miracle se produit à nouveau et cette épopée fabuleusement romanesque, véritable chant d’amour à la culture indienne et à la féminité, procure un incommensurable plaisir de lecture.
La fiche du livre sur Babelio, sur le site de l'éditeur (cherche-midi)
Mille femmes blanches (le 1er tome) sur mon blog
Merci !
Merci à l'éditeur et à Babelio pour m'avoir offert ce livre, en plus de l'occasion de rencontrer l'auteur ! (très bientôt)
Ma critique :
Dans ce livre on retrouve l'univers des indiens au moment de leur chute - ce que je connais mal et qui est absolument palpitant et terrible -, toujours sur un format de journal intime.
On a par contre ici deux points de vue et deux styles en alternance. Ça permet de rompre un peu la monotonie et c'est rigolo d'avoir certains évènements relatés de manières bien différentes mais j'ai trouvé que cet aspect n'était pas tellement exploité. Les deux personnages principaux, qui sortent tous deux des normes, se ressemblent pourtant entre eux sur certains points. Et surtout, ont globalement les mêmes valeurs morales. C'était pour moi un point fort du premier tome de montrer différents personnages qui peu à peu vont accepter les cultures et valeurs des autres (entre blanches comme avec les indiens), même avec une seule voix narratrice, et il a ici quasiment disparu.
Et pas seulement du côté des personnages principaux. La majorité des arguments avancés se ressemblent, dans les deux camps, avec une acception commune de ce qui est bien mais on peut pas forcément faire autrement. Toute une panoplie de personnages différents nous récite les même poncifs sur la guerre, le deuil et le vivre ensemble, qui n'apportent pas grand chose à notre point de vue de lecteur moderne. Si le premier tome était mièvre par moment, on pouvait mettre cela sur le compte de la personnalité de la narratrice. Ici, c'est trop universel pour ne pas entraîner de lourdeur, surtout vu le style artificiel des dialogues dans lesquels ils sont insérés. Et de même dans l'autre sens pour la caricature totale du grand méchant - nettement plsu crédible dans le premier tome.
Les nouveaux personnages sont présentés comme variés et hauts en couleur mais au fond cela ne change pas grand chose aux évènements, à chaque fois tout le monde tombe d'accord. De même, tous les protagonistes ont le même avis (ou presque) sur chacun des autres protagonistes. Mêmes les jumelles perdent leur impertinence. J'ai donc trouvé l'ambiance et la variété particulièrement affadies par rapport au premier tome mais néanmoins suffisant à installer un décor éclectique en surface.
Le plus gros point faible du roman est pour moi son introduction abracadabrante. Le tome précédent avait une vraie fin, avec d'ailleurs un épilogue qui voulait un peu trop tout conclure, et l'auteur s'est ici senti obligé de justifié l'existence de cette suite. Comme pour le tome précédent, on commence par un personnage moderne qui découvre les cahiers rédigés par les femmes blanches chez les indiens. Sauf que ça s'étale sur des pages et des pages, et que ça n'est absolument pas crédible. De grands sentiments sont évoqués dans tous les sens, et ça ne m'a pas fait partir du bon pied dans le roman.
Surtout que cette surenchère de justification fait que je me suis nettement plus posé la question de la crédibilité de la manière dont c'est raconté, et là ça échoue violemment. On ne voit pas comment et pourquoi les narratrices auraient écrit comme ça à ces moments là. L'une rapporte de nombreux dialogues dans des styles tout à fait artificiel, l'autre que l'on croyait illettrée et matérialiste se lance dans des description de paysages ponctués de "Aye" et de tournures grammaticales fausses mais pas assez pour ne pas sembler voulues. Le cœur du roman est très plaisant mais se retrouve du coup un peu noyé sous ces éléments.
Les thèmes évoqués ici sont assez différents de ce du premier tome, ce qui est agréable car on a peu de redite. Le côté adaptation aux coutumes indiennes est survolé, la thème de la mort et du deuil très présent (bien que vécu de manière trop commune entre les différents personnages), celui de la vengeance, que j'attendais plus nerveux d'après le titre, la fin du mode de vie traditionnel des indiens et beaucoup plus celui de la force morale ou de caractère. Le scénario et une forme de suspens y ont plus d'importance que dans le premier tome.
J'ai passé un bon moment de lecture, avec une vraie évasion teintée de réalité historique. Je trouve tout de même cette suite nettement moins puissante que Mille femmes blanches, que je recommande pour découvrir cet univers !
PS : La couverture + sa légende intégrées à l'histoire c'est très chouette !
Ma note : 3/5
mardi 20 septembre 2016
Le jour de l'émancipation de Wayne Grady
Descriptif éditeur :
En 1945, Jack, issu d'une famille pauvre et noire de l'Ontario, arrive à se faire passer pour blanc. Débarqué à Terre-Neuve dans un contingent de la marine canadienne, il rencontre Vivian, qu'il séduit par ses talents de musicien. Celle-ci découvrira-t-elle sa véritable identité ? Pendant combien de temps peut-on se fuir soi-même avant que le passé nous rattrape ?
Le jour de l'émancipation est un roman magistral qui aborde des thèmes profondément humains tels que les relations familiales, l'amour et le racisme à une époque où le Canada vit de grands changements à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Jusqu'où irait un fils irait pour échapper à son passé ? Jusqu'où irait son père pour l'aider ?
Dans un univers de jazz des années 1930, Le jour de l'émancipation est un roman déchirant sur les histoires de pères en fils, sur l'amour et le déni, sur les relations raciales... à un point tournant de l'histoire. Raconté du point de vue de trois personnages, Vivian, la jeune mariée innocente; Jack, son mari séduisant et troublé; et William Henry, père stoïque, ce roman explore les questions de racismes, et de préjudice qui perdure de génération en génération.
La fiche du livre sur Babelio et sur le site de son éditeur français le serpent à plumes ou quebecquois, Mémoire d'encrier.
Ma critique :
Ce roman est assez fascinant par les thèmes qu'ils abordent de manière originale.
Il faut du temps pour bien cerner l'histoire et les personnages, et ce n'est vraiment fait qu'à la fin du rom, ce que j'ai beaucoup apprécié : il s'agit vraiment d'un tout et pas d'éléments isolés.
Les personnages mis en scènes sont particulièrement humains, ni bon ni mauvais, sans pour autant être oubliable. Plusieurs points de vue, très différents les uns des autres, alternent autour de Jack.
Les thèmes de la guerre, de la musique, des petits boulots sont évoqués dans le livre sans qu'ils soient des ressorts centraux. Au coeur du livre, la construction d'un racisme et d'intégrations dans des milieux très communautaires.
J'ai beaucoup aimé cette construction chorale, où les personnages et les époques varient. Il faut souvent un moment pour resituer l'action, ce qui crée une ambiance particulière sans être difficile à suivre (je ne m'y suis perdue q'une fois et je me demande encore s'il ne manque pas une phrase ou un paragraphe). On y croise du coup des idées sorties de leur contexte qui peu à peu se dessine lui aussi. Comme pour le livre en général.
C'est assez bien écrit, et simplement, avec des nombreux passages que j'ai trouvé percutants sans aucune touche de mélo.
J'ai par contre nettement moins aimé le dernier chapitre, écrit dans un style très différent mais qui manque d'originalité, (et là on a p'tet un brin de mélo) alors qu'il soulève une conclusion intéressante. C'est un peu dommage.
Critique publiée sur Babelio
Quelques citations que j'ai aimé :
Il voulait se croire blanc, bon, d'accord, laissons le faire, peut-être qu'il aurait plus de chance dans la vie comme ça. Peut-être avait elle raison, peut-être que c'était comme ça que les Blancs avaient commencé : personne ne leur avait dit qu'ils n'étaient pas blancs.
Elle aurait aimé lui dire "je t'aime" sans avoir l'air de réciter une réplique sortie tout droit d'un film. Elle s'exerçait devant la glace au-dessus de sa commode, ou en brossant les dents au cabinet de toilette, mais les mots sonnaient platement, de façon sentimentale. "Je t'aime Jack." Devait-elle le lui dire avant l'amour, ou après ? Devait-elle lui dire de façon désinvolte ou théâtrale ? Elle n'arrivait pas à se décider. Elle cessa de s'exercer et attendit de laisser échapper les mots, peut-être pendant une attaque aérienne, tandis que la ville s'écroulerait autour d'eux et qu'ils se seraient cherchés dans les rues en ruine. Mais il n'y avait pas d'attaques aériennes, la guerre était pratiquement finie, et elle ne se décidait toujours pas.
Le premier août , Jour de l'émancipation, qui marque l'anniversaire de l'abolition de l'esclavage dans l'Empire britannique, il y avait toujours une grande fête à Jackson Park. Quand Jack était petit, il pensait que l'esclavage n'était illégal que ce jour-là, tandis que le reste de l'année, on traitait les gens de couleur comme on voulait, et c'était bel et bien le cas.
Quand Jack regarda de nouveau la mer, il aperçut une traînée d'huile, le sang du sous-marin coulé, miroitant dans la lumière blafarde de l'hiver, s'élargissant en un cercle paresseux au-dessus de lui. Puis, à l’intérieur de la lisse circonférence, des objets se mirent à flotter. Tout d'abord, Jack crut qu'il ne s'agissait que de vêtements et de couvertures. Mais il se rendit vite compte que ce qu'il voyait, c'était des hommes. Certains agitaient les bras et s'évertuaient à nager à travers l'huile vers le navire, tandis que d'autres, immobiles, étaient ballottés en surface par les turbulences sous-marines. Les cadavres noircis émergeaient un moment de l'obscurité, se tordaient, s'enroulaient, puis plongeaient dans l'abysse.
- Et quel âge as-tu, Miss Josie-Constance-O'Sullivan-Hughes-Rickman-bientôt-Madame-Lewis ?
- Quel âge faut-il avoir ?
- J'sais pas, dix-huit ans, j'imagine.
- Alors dis-leur que j'ai vingt ans.
- T'as pas vingt ans ! Moi j'ai vingt ans. On peut pas avoit vingt ans tous les deux !
- Et pourquoi pas ?
- Ça à l'air suspect.
- Pas du tout. Y'a plein de gens qui ont vingt ans. C'est dix-huit qui a l'air suspect.
Il fallait admettre qu'elle mentait mieux que lui.
Ma note : 5/5
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